PAR LES COMMOTIONS
2? octobre. — La paralysie du membre ‘postérieur gauche persiste encore, mais extrêmement affaiblie. L'animal progresse tres rapidement avec le seul secours des pattes de devant, mais de temps à autre, il s'aide de la patte postérieure droite, dont tous les mouvements sont possibles, et qui n'a conservé qu'une certaine parésie.
Enfin, beaucoup plus rarement, il fait avancer la patte postérieure gauche. Il est néanmoins facile de voir, en mettant alors le doigt contre cette patte, de manière à ce qu’elle prenne sur lui un point d'appui, que Panimal ne s'en sert pas, et que la force que ces muscles ont retrouvée est tout juste suffisante pour leur faire exécuter le simulacre des mouvements qu'ils doivent normalement accomplir.
à octobre, — La paraplégie persiste, mais l'état s’est très amélioré, et l'animal peut faire exécuter à ses pattes postérieures tous les mouvements normaux. Elles sont seulement tres faibles, à tel point qu'il ne s’en sert pas pour marcher, et les laisse traîner derrière lui lorsqu'il progresse.
Nouvelle expérience.
1°, 2° Deux coups forts (région lombaire). Engourdissement léger des pattes postérieures, vite dissipé.
3°, 4°, 59, 6° Quatre coups successifs, espacés de quelques secondes, forts. Après le dernier, paraplégie. Jambes fléchies sur les cuisses et écartées. Au bout de quinze secondes, retour des mouvements.
1° Un coup fort. Rien.
8° Un coup très fort. Paraplégie. Jambes en flexion. Cesse après dix secondes.
9° Un coup moyen (région dorsale) beaucoup moins fort que les précédents. Paraplégie complete en extension. Durée : un peu plus d’une minute.
10° Un coup moyen (même point), même paraplégie. Mouvements convulsifs intenses des pattes antérieures. Pendant plus de trois minutes, la paralysie persiste complète, puis quelques mouvements reviennent, mais beaucoup moindres qu'avant
* l'expérience.
Cette expérience a montré une accoutumance réelle de la région antérieurement pereutée, comme chez les autres
animaux.
6 octobre. — Même état qu'avant l’expérience précedente. 17 octobre. -— Est trouvé couché sur le flanc, mourant.
Meurt dans la matinée. Ne pese plus que 295 grammes äu lieu de 395, le 28 septembre.
Autopsie, quelques instants plus tard. Tous les organes paraissent sains. On remarque la vésicule biliaire, très dilatée par une bile claire.
Ecchymose sous cutanée et musculaire légère dans la région lombaire et le haut de la région dorsale (points où les coups on été portés).
À l’ouverture de la colonne de chaque côté de l'organe, à droite et à gauche et en avant (partie la plus déclive du canal, dans la position horizontale normale de l’animal pendant Ja vie), un très mince caillot descend, en dehors de la dure-mère, depuis le haut de la région dorsale , jusqu'à la partie inférieure du renflement lombo-sacré. l |
Ce caillot est absolument filiforme au niveau des cartilages intervertébraux, un peu plus volumineux au niveau des vertebres, mais en aucun point ne paraît susceptible d'exercer sur la moelle une compression quelconque.
Dans la région dorsale supérieure de la septième cervicale à la quatrième dorsale, la dure-mère est un peu congestionnée sur tout son pourtour, mais surtout sur la face postérieure, en rapport avec les arcs et les lames. Il semble même qu’en ce point il y a des adhérences anormales, bien que légères, entre la dure-mère et la paroi osseuse.
C'est à ce niveau, on s’en souvient, que les derniers coups ont été portés, à la date du 5 octobre. Le caillot latéral filiforme n’est pas modifié à ce niveau.
EXAMEN MICROSCOPIQUE. — Mêmes fixation, inclusion, coloration. L'aspect des préparations ressemble beaucoup à celui des
HÉMORRAGIES CONGESTIVES 209
coupes provenant du cobaye 1 ; l’infiltration hémorragique est moindre pourtant.
Dans la moelle lombaire, il y a beaucoup de petites hémorragies au voisinage des vaisseaux, qui ne semblent pas dijatés, on constate par contre diverses lésions de gros vaisseaux. En un point, la veine spinale postérieure est rompue, et le sang sest infiltré dans le sillon médian postérieur sur plusieurs millimètres de hauteur. Il en est de même dans un autre point pour une artère médiane, rompue dans le sillon antérieur, près de Ia substance grise. À part ces cas, il n’y a pas de foyers hémorragiques importants. La névroglie est peut-être un peu proliférée dans la région centrale. Les noyaux sont très abondants, en particulier au niveau de la commissure grise
. postérieure. Mais l’épithélium épendymaire est absolument normal.
Les cellules ganglionnaires sont un peu atteintes, surtout dans la partie inférieure de la moelle lombaire. Dans la moelle sacrée, on trouve dans les cornes antérieures trois ou quatre petits foyers de ramollissement où les cellules ganglionnaires ont disparu.
La myélite des faisceaux blancs est moins marquée que pour le cobaye 1.
La moelle dorsale et la moelle cervicale sont saines. Dans la moelle dorsale se trouvent quelques rares extravasations sanguines.
Nulle part le caillot tres léger trouve dans le canal rachidien
ne cause de compression quelconque.
ExPÉRIENCE V
CoBaye 5. Neuf, arrivé de la campagne en même temps que le cobaye 4. Poids : 260 grammes. Vigoureux et agile.
30 septembre. — Mème instrumentation.
{° Un coup moyen (région lombaire). Cri, mouvements convul-
sifs intenses dans les membres supérieurs. Paraplégie bilatérale complète, avec un certain degré de contracture, les membres inférieurs étant immobilisés en flexion. Sensibilité diminuée. Au bout de trois minutes, la contracture se dissipe ainsi que la paralysie.
20 Un coup fort. Paraplégie dansles mêmes conditions. On peut facilement étendre les membres inférieurs, mais abandonnés à eux-mêmes, ils se remettent rapidement en flexion (flexion de la cuisse sur le bassin) sans que la volonté de l'animal semble intervenir. Ils se mettent aussi un peu en abduction, ce qui donne à l’animal un aspect rappelant celui d’un batracien nageant. Sensibilité à peu près normale (peut-être un peu
* diminuée).
Cinq minutes après, la paralysie persiste telle quelle.
3°, 4° Deux nouveaux coups, forts, séparés par une demiminute d'intervalle. Ils provoquent des cris, des claquements de dents et des convulsions des membres antérieurs, mais aucune modification dans la forme de la paralysie.
Au bout de dix minutes, celle-ci persistant, l’animal est reporté dans sa cage.
(Cette expérience, faite le même jour que d’autres sur des animaux qui avaient déja subi de telles commotions, a montré, comme pour les animaux précédents, la susceptibilité des animaux neufs, s’opposant à l’accoutumance des autres.
1% octobre. — La paralysie a disparu. Marche normale. Cependant on retrouve des traces de la paralysie de la veille en placant les pattes postérieures dans l'extension. L'animal, abandonné à lui-même, commence à marcher en se traînant avec ses pattes antérieures, puis, au bout d'un instant, il avance une des pattes postérieures, puis l’autre, et reprendune marche normale.
2 octobre. — Même état.
5 octobre. — Aucun symptôme anormal.
Nouveaux coups (région lombaire). É
4° Un coup faible. Légère paraplégie, bilatérale, mais n’ayant
‘ duré que quelques secondes.
2° Un coup, moyen. Paraplégie complete. Convulsions des pattes antérieures ; tremblement épileptoïde du deuxième orteil du pied droit.
3° Un coup, moyen. Parapléoie se maintient; cinq minutes apres.
&* Un coup, fort. Ne change rien à la paraplégie, qui se maintient, les cuisses fléchies sous le tronc, mais les segments périphériques restant absolument inertes.
6 octobre. — La paraplègie a beaucoup diminué. Il est cependant evident, lorsqu'on regarde l'animal marcher, que les deux membres postérieurs sont encore très faibles, bien que les mouvements semblent tous possibles.
26 octobre. — Poids : 305 grammes.
Aucune trace quelconque des expériences précédentes.
Nouveaux coups :
[. — Région lombaire : 1° Un coup, moyen. Rien ; 2° un coup, fort. Paraplégie, jambes en flexion écartées du corps. Disparition au bout de quelques secondes.
3° Un coup, plus fort, Même paraplégie, convulsions dans les membres antérieurs.
4° Trois coups, immédiatement consécutifs, plus forts. Mèmes signes, claquements de dents.
11. — Région dorsale supérieure. 5° Un coup, moins fort. Même état. (La paralysie persistait, dans l'intervalle entre les coups précédents et celui-ci.)
HI. — Région lombaire (de nouveau). 6° Trois coups, plus forts (comme 4°). Paralvsie est complete, en extension. Membres inférieurs flasques.
Sensibilité semble diminuee. Deux minutes après, persiste. Mort par chloroforme en deux minutes.
Autopsie. — Organes sains. Un peu de congestion dans les muscles des gouttières sacro-lombaires .La dure-mère et le canal rachidien ne présentait rien d'anormal en ce point.
Plus haut, au niveau où les coups ont été portés (deuxieme, troisième et quatrième lombaires), filet imperceptible de sang