LÉSIONS VASCULAIRES
les fibres nerveuses présentaient déjà des exemples de transformation granuleuse avancée.
D’autres fois, ce qui à préexisté, ce sont des altérations chroniques des vaisseaux, artérites, athérome, par exemple. Les anévrysmes ne sont pas une maladie fréquente pour les vaisseaux de la moelle. On se souvient que Liouville est à peu près le seul à avoir décrit des ectasies comparables aux anévrysmes miliaires, et que, de l’analogie constatée à l'identification, il y a encore loin. Le cas d'Hebold, déja mentionné, est complexe, puisque les troubles médullaires ont été consécutifs à une période pendant laquelle une thrombose tuberculeuse des sinus cérébraux évoluait seule, de telle manière que l’auteur, ne pouvant affirmer que les anévrysmes constatés à l’autopsie sur les fins vaisseaux étaient de date ancienne, a émis l'hypothèse qu'ils constituaient des lésions de stase,. |
Nous signalons pour mémoire le cas de M. Trasbot, observé sur un cheval, très intéressant au point de vue de la possibilité d’une hématomyélie spontanée chez l'animal, mais d’un faible appoint dans l'étude de l'hématomyélie de l’homme.
En dehors des anévrysmes, on peut rencontrer des lésions comme celles de l'observation de MM. Marian, Gasne et Philippe (observation 1 de ce travail). Là, les altérations vasculaires étaient massives et extrêmement diffuses. Un processus singulier d’endartérite et d'endophlébite avait complètement transformé les vaisseaux de la pie-mère lombo-sacrée, créant des varices volumineuses et irrégulières, dont les parois étaient, par places, épaisses et résistantes, tandis que plus loin elles
se laissaient distendre et s'’amincissaient jusquà la rupture. Souvent ces deux ordres de transformations siégeaient au même niveau, et sur la coupe du vaisseau on pouvait apercevoir, comme le montrent les dessins que nous avons annexés à cette observation, à la fois l’épaississement remarquable de la paroi, et la dilatation ampullaire qui déformait le quadrant voisin de la même circonférence. Toutes ces lésions auxquelles, bien entendu, s’ajoutaient toutes les phases de la thrombose, avaient abouti, par compression, étranglement en quelque sorte des éléments nerveux, et par hémorragies successives, à une véritable destruction de la partie inférieure de la moelle lombo-sacrée.
D’autres lésions concomitantes tiennent parfois à l’hémorragie elle-même. C'est la propagation de l’épanchement aux méninges, par exemple.
Assez souvent, beaucoup d'observations mentionnent le fait, la pie-mère est envahie par l’hémorragie, au moins au niveau du foyer maximum. Elle est alors distendue, et parfois un peu infiltrée par le sang. Dans ce cas, eile présente macroscopiquement une teinte ecchymotique, soit diffuse, soit beaucoup plus souvent limitée en certains points du contour de la moelle. Parfois c’est autour des émergences radiculaires, plutôt encore au niveau des sillons. Le sillon médian antérieur, plus largement ouvert, est quelquefois occupé tout entier par du sang qui s’est épanché autour de l’artère médiane, venant d’un foyer important de la région centrale. Plus souvent encore, c'est le sillon postérieur, surtout lorsque les cordons de Goll et de Burdach ont été plus ou moins détruits par le foyer. Dans ce cas on peut voir à la place