DÉBUT INSTANTANÉ
Le chapitre suivant étant réservé à l’étude des formes cliniques, c’est-à-dire surtout des différentes localisations, celui-ci sera plus particulièrement consacré à la marche des hématomyélies.
Dans les hématomyélies traumatiques, le début est en général instantané. Immédiatement après l’accident, ou dans les instants qui suivent, s’établissent des symptômes qui atteignent en général d'emblée leur maximum, vraisemblablement parce qu’à la lésion elle-même se joignent des phénomènes de choc, plus prononcés en pareil cas que dans les autres variétés d’hématomyélie. La paraplégie complète et brusque est de règle — ainsi qu’une anesthésie correspondante plus ou moins complète. — Mais nous retrouverons plus loin ces symptômes.
Le début des hématomyélies spontanées présente plus d'importance pour ie diagnostic. Sauf exception très rare, il est brusque, mais dans cette brusquerie même, il y a des degrés. Tantôt les symptômes éclatent avec la soudaineté d’un coup de fusil, comme dans un cas de M. le professeur Raymond, tantôt ils mettent quelques heures à atteindre leur maximum, comme dans une observation de M. le professeur Brissaud.
Voici le premier exemple:
€ Un jour du mois d'août, dit M. Raymond, notre homme était en train de ramasser des fruits sous un arbre, lorsqu'il ressentit brusquement une violente douleur dans la région lombaire. Il tombe presque aussitôt, se traîne un instant à terre et ne tarde pas à perdre connaissance. Cinq ou six heures après, lorsqu'il revient à lui, il se retrouve dans son lit, en proie à de vives douleurs mal localisées. Il apprend alors de son entourage que des voi-