Il est recommandé aux visiteurs
.4. De ne jamais pénétrer dans les salles lorsque leur santé est momentanément affaiblie ou qu'ils se trouvent sous l'influence d'un épuisement quelconque.
B. De ne pas venir à jeun.
C. D'éviter de toucher le malade, d'inspirer son haleine ou les émanations cutanées.
D. De s'asseoir à une certaine distance du lit et de ne pas toucher à la literie.
6. Les visiteurs devront mettre par-dessus leurs vêtements un long sarrau (fourni par l'hôpitall lorsqu'ils seront dans les salles; laver leurs mains et leur figure avec du savon phéniqué avant de quitter l'hôpital, ou employer tout autre mode de désinfection que le médecin inspecteur prescrira.
7. Les visiteurs sont avertis qu'ils ne doivent pas entrer dans un omnibus, un tramway ou une voiture publique, immé diatement en sortant de l'hôpital.
HÔPITAL DE l'est OU D'HOMERTON.
Nous avons visité avec un soin minutieux cet hôpital, le plus important des établissements du Conseil des Asiles Métropolitains, et, nous pouvons ajouter, de toute l'Angleterre.
Il tient la première place non seulement par le nombre de malades qui y sont soignés, mais aussi parce qu'il résume, dans leur ensemble, tous les progrès réalisés jusqu'à ce jour en ce qui concerne l'hospitalisation des infectieux (1).
Il se compose essentiellement de deux séries de constructions complètement séparées l'une de l'autre. La première est destinée aux fièvres infectieuses, telles que la scarlatine, la rougeole, la fièvre typhoïde, etc.; la deuxième, à la variole.
Cette division n'a pas toujours été observée. Si nous examinons l'histoire d'Homerton depuis sa fondation, qui remonte à l'année 1871, nous voyons qu'en temps d'épidémie de variole, les deux sections ont reçu des varioleux. C'est ainsi que de février 1871 à janvier 1872, il entra 3015 cas de variole dans les pavillons de varioleux et 1194 cas dans ceux primitivement affectés aux fiévreux.
Mais aujourd'hui, grâce aux dispositions nouvelles prises parle Conseil, ces faits, condamnés par les autorités sanitaires, ne se renouvellent plus.
L'hôpital de varioleux comprend 4 pavillons placés aux extrémités d'une galerie avec laquelle ils font un angle de 135°.
Chaque pavillon est à deux étages et se compose de deux salles. Celles-ci ont 21'^60 de long sur 8m40 de large. Elles contiennent douze lits et parfois seize, ce qui donne une surface de 15"!^ 50 à 11"'^ 50 par lit. Il y a deux à trois salles, selon les besoins, pour les cas spéciaux, ainsi que des promenoirs. Ces promenoirs, qui jusqu'à présent avaient été fermés et couverts, doivent être, d'après les indications du C Collie, médecin en chef d'Homerton, desimpies passages ouverts et seulement recouverts d'un toit, afin d'assurer un plus complet isolement des pavillons et empêcher que ces couloirs ne deviennent des voies d'infection.
(1) A l'exception de l'établissement de Winchmore Hill pour les con-^ valëscents de fièvres contagieuses : nous avons dit qu'il était en volé de construction.
De février 1873 à février 1874, on reçut 110 cas de variole. De cette époque jusqu'au mois d'octobre delà même année on admit 53 cas. Dès lors, et jusqu'en 1875, l'hôpital fut utilisé pour les scarlatineux. Il n'y eut aucune entrée de varioleux cette année-là.
Pendant le 2* semestre de 1876 on admit 620 cas de variole.
En 1877, on reçut 1935 cas de variole et l'hôpital de fiévreux traita 915 cas de Fièvres infectieuses.
Pendant l'exercice 1878, on compta 964 cas de variole et, du Jer mars 1879 au 19 septembre, 69 cas.
A partir de cette époque et jusqu'au 12 février 1880, il servit aux fièvres entériques ; 261 cas de variole furent également traités pendant cette année.
En 1882, le Fever Hospital (Fiévreux) et le Small Pox (Varioleux) avaient reçu, au 13 septembre, 1252 cas de fièvre et 170 cas de variole.
Les deux salles réservées au traitement de la variole ont admis,pendant l'année 1882, 192 malades dont 170 étaient atteints de variole et 22 de maladies diverses.
Sur ce nombre, 161 quittèrent l'hôpital après complète guérison. Il y eut 31 décès, soit une moyenne de 16,187 %
Les 1,252 cas de fièvres traités pendant l'année 1882, se divisent comme suit :
Scarlatine 639
Fièvre entérique 230
Typhus 122
Rougeole 61
Maladies diverses 200
La moyenne des décès a été pour :
La scarlatine de 11 . 561 «o
La fièvre entérique 19. 172 »
La rougeole 26.771 »
Le typhus 14 . 559 »
Les maladies diverses , 12.935*
Soit une moyenne générale de 16.9996 % . Les entrées en 1883 dépassèrent la moyenne des dix dernières années, laquelle n'avait été que de 735.
Il n'y eut aucun décès dans le personnel : 3 infirmières contractèrent le typhus ; elles guérirent rapidement. Rappelons pour mémoire que lors d'une légère épidémie de typhus pendant l'hiver 1881, huit infirmières payèrent un tribut à cette maladie ; une aide-infirmière eut la fièvre scarlatine et une autre la coqueluche. On n'eut aucun décès à déplorer.
Exercice 1883. — Fièvres infectieuses.
Mortalité.
Admissions 1038 16.500%
Scarlatine 663 15.333»
Fièvre typhoïde 189 13 . 192 »
Typhus 16 32.558 »
Jusqu'au mois de mars, époque à laquelle les varioleux n'ont plus été admis dans les bâtiments de l'hôpital de fiévreux, on reçut 62 cas :
Vaccinés Mortalité. 8.33 "/o
« douteux » 35.02 y>
Non- vaccinés » 40. »
On doit noter que pendant les deux derniers mois de l'année il s'est déclaré 11 cas de variole dans les salles de fiévreux. Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'ils se sont produits dans toutes les salles, à l'exception de celles affectées aux varioleux au commencement de l'année. Dans ces dernières il n'y en eut pas un seul et ils prirent naissance dans les locaux situés le plus loin d'elles.
On pourrait peut-être expliquer ce fait de la manière suivante: les salles occupées par les varioleux ont été désinfectées avec soin après leur départ ; il n'est donc pas étrange que toute trace de produits contagieux ait été détruite ; dans les autres parties de l'hôpital aucune mesure n'ayant été prise, la contagion a pu s'exercer en toute liberté.
Services annexes. — Buanderie. — Désinfection.
Parmi les services annexes, la buanderie et l'appareil à désinfection nous ont fort intéressés.
LuTAUD et HoGG, hôpitaux assolement. A.
Les opérations par lesquelles passent les divers objets susceptibles d'être lavés sont très multiples : successivement trempés, lavés à la machine, bouillis dans de l'eau alcaline, essorés, séchés à l'étuve et repassés, on comprend qu'ils puissent alors servir sans subir d'autre désinfection (1).
Les couvertures de laine sont traitées de la même façon, mais non pas bouillies.
Quant aux vêtements, sordides pour la plupart, portés parles malades à leur entrée, ils sont brûlés et servent, avec les déchets d'aliments, à entretenir le foyer du fourneau à désinfection. Les matelas et oreillers, tous en plumes, sont fréquemment vidés, les enveloppes envoyées à la lessive, et la plume introduite dans un cylindre recevant de la vapeur d'eau surchauffée à 111° (2).
La plume possède l'avantage de se dissocier facilement et le cylindre tournant dans laquelle on la place constitue un moyen offrant d'excellentes garanties.
Drainage.
Nous devons dire un mot du drainage et de l'écoulement des eaux : le lavage des conduits s'opère au moyen de réservoirs de la contenance de 1,500 litres environ, qui se vident automatiquement à deux reprises différentes dans les 24 heures. Les conduits en communication directe avec les égouts sont maintenus en parfait état de propreté et nous avons pu nous assurer qu'il ne s'en exhalait aucune odeur.
On voit, par ce court aperçu, que les deux établissements ont été utilisés pour le traitement des fièvres infectieuses, à l'exception de 40 lits de l'hôpital de varioleux. Mais désormais, ce dernier, conformément â l'avis de la commission d'enquête et de l'Inspecteur du gouvernement., sera spécialement affecté à la variole.
(1) 4,000 pièces sont ainsi traitées par jour. Une pièce de linge peut être blanchie et séchée en moins d'un quart d'heure.
(2) L'étuve est du modèle Washington Lyon, Un appareil à peu près semblable est construit à Paris pdr M. J; Leblanc. (Prix de l'appareil avec générateur, 7,500 fr.)
ÉTUDE SUR LES HOPITAUX d'iSOLEMENT. 5J
Ces autorités ont limité le nombre des lits au chiffre de 50, tant pour Homerton que pour les autres hôpitaux du conseil ; mais on comprend combien il est difficile de se plier à cette règle en temps d'épidémie comme à l'époque de notre visite en
Ce jour-là, en effet, et les deux jours précédents, on reçut 97 malades, tous atteints de variole; grâce à 1' « Atlas », l'hôpital flottant sur la Tamise, 69 varioleux capables de supporter le voyage, furent évacués, faisant ainsi de la place pour les cas graves qu'il fallait admettre d'urgence.
Annexes. — Water-closets.
L'aménagement des water-closets mérite une mention particulière.
Ils sont établis dans une petite construction contiguë et annexée au bâtiment principal dont elle est cependant complètement isolée.
Cette construction se compose d'un petit pavillon en briques contenant, pour chaque étage, deux cuvettes distinctes entre lesquelles se trouve un lavabo en marbre destiné au lavage des vases ayant contenu des déjections.
Par un mécanisme très ingénieux formé par un simple couvercle à bascule, l'orifice de la cuvette se trouve continuellement en contact direct avec l'air extérieur. Cette même planche à bascule ferme l'orifice de ventilation lorsqu'on se sert de la cuvette.
Les salles des malades correspondent de plein-pied avec ces cabinets ; mais elles en sontséparées par un couloir ouvert, mettant ainsi une couche d'air extérieur entre elles et les cabinets. — L'eau fonctionne abondam.ment et en permanence, soit dans les cuvettes, soit dans le lavabo dont nous avons parlé plus haut.
On objectera à ce système que le couloir séparant la salle des cabinets expose les malades à l'air extérieur lorsqu'ils s'y rendent; mais nous ferons remarquer que les malades alités ne se servent pas de ces cabinets et que leurs déjections sont reçues dans des vases par les infirmières. Les individus en état de se lever ne peuvent courir aucun risque en franchissant un espace ventilé qui ne mesure pas plus d'un mètre.
52 ÉTUDE SDR LES HOPITAUX d'iSOLEMENI.