‹ Étude sur les hôpitaux d'isolement en AngleterreChapitre 28 sur 69 · HOPITAL DE NEWARK · texte numérisé non relu

HOPITAL DE NEWARK

Population en 1881 : 14,019.

En 1874, vers la fin d'une épidémie de fièvre qui ne causa pas moins de 62 décès, le docteur Alfred Ashby, médecin sanitaire {Médical Officer of Health), du district comprenant Grantham, Newarket Heaford, engageâtes autorités urbaines et rurales de Newark à s'entendre pour la construction d'un hôpital permanent qui servirait, en cas de besoin, à fisolement des infectieux. En 1875 on décida que l'on ferait droit à cette demande, mais le projet n'aboutit pas.

Epidémie de variole à là suite de laquelle Vhôpital fut construit.

Le 20 avril 1877, un vagabond atteint de variole vint à Newark et trouva à se loger dans un garni de bas étage. Le cas ne fut déclaré à l'autorité sanitaire que le mois suivant. Un second cas eut lieu dans la même maison, le 6 juin, mais la malade fut transportée, d'abord dans une maison meublée du voisinage, puis dans un district sanitaire voisin, où elle mourut.

Quatre cas nouveaux se déclarèrent dans cette seconde maison la semaine qui finissait le 21 juin, et aucun moyen d'isolement n'ayant été employé, la maladie prenait toujours de l'extension. — Six cas nouveaux éclatèrent entre le 6 et le 26 juillet ; 8, dans la semaine suivante, puis 30 autres, et 19 encore à différents intervalles entre le 16 août et le l^*" novembre.

Au commencement de l'épidémie, le docteur Ashby insista auprès de l'autorité urbaine de Newark pour que l'on construisît un hôpital temporaire en bois, ce qui fut décidé;

Cependant, avant qu'on ne mît ce projet à exécution, il y eut encore quelque délai en raison de la difficulté que l'on

rencontra pour se procurer un terrain convenable et aussi parce que l'on dut, conformément ù. l'article 174 de la loi sur la santé publique, publier un avis 10 jours avant de passer le contrat avec les entrepreneurs. On ne commençâtes constructions que le 23 juillet. Le nombre de malades ayant besoin d'être isolés s'était considérablement accru à cette époque et on convint d'élever des tentes en plus du bâtiment de bois. L'hôpital fut enfin suffisamment prêt pour pouvoir être occupé le 9 août, époque à laquelle 50 cas et 4 décès avaient été déjà enregistrés.

Le terrain, agréablement situé, sur les boulevards extérieurs de la ville, se trouve près de laligne du « Great Northern Railway ».

L'hôpital repose sur une couche de marne recouverte de gravier: des allées de gravier conduisent aux différentes constructions ; des plates-bandes de fleurs entourent quelques-unes des tentes et ces dernières, avec leurs drapeaux flottant au vent paraissaient plutôt être une exposition florale qu'un hôpital. L'hôpital se compose des constructions suivantes :

Bâtiment en hois.

l" Un pavillon en bois renfermant deux salles, qui me^ surent chacune 613 mètres carrés de superficie : elles contiennent quatre lits ; de plus un dispensaire, des chambres à provisions, une salle de bains, une chambre pour l'infirmière, et des water-closets. Pour compléter ce pavillon, il y a une cuisine détachée, une buanderie, également en bois.

Dans la cabane où se trouve la cuisine, on remarque plusieurs annexes utilisées comme garde-manger.

2° Une maisonnette en bois d'une capacité de 23 mètres cubes environ sert de chambre à coucher pour une infirmière. Ce bâtiment fut fourni tout fait par Messieurs Lascelles de Bunhill Row, Londres, sur les plans du docteur Ashby; on put le monter en trois quarts d'heure.

3'^ Une cabane en boisa doubles parois pour les employés, contient des chambres mesurant chacune 13'"06 carrés et 40"» cubes environ. Une de ces chambres est munie d'un poêle.

4° D'autres constructions en bois, telles que des cabinets, une lampisterie, une salle mortuaire, etc., furent ajoutées.

5° Deux tentes dites j\Iarquises, quatre tentes « Netten RadclifTe » et une tente en forme de cloche, qui furent toutes

fournies par Messieurs Piggott frères, 59, Bishopsgate Street, Without, Londres.

Tentes d'hôpital.

La « Marquise » en question est une tente bien proportionnée, de 9 mètres de long, sur 4'"80 de large, et 2'"10 de hauteur: les côtés sont perpendiculaires et ont 4™30 jusqu'au sommet de la perche la plus élevée.

Elle mesure 36™80de superlicie, sa capacité est de 34"" cubes 200 décim. cub. Les parois et le toit sont engrosse toile double

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trempée dans une solution de silicate de soude pour la rendre ininflammable et le tout est élevé sur un plancher reposant sur des solives.

Les côtés peuvent se relever à volonté : le toit est muni de trois ventilateurs de chaque côté et d'un autre à chaque extrémité. Ceux-ci peuvent s'ouvrir directement dans la tente ou indirectement dans la double doublure. Chacune des marquises en usage à Newark reçoit 4 malades ou 6 convalescents ; chaque tente possède une porte d'entrée ou marquise (d'où le modèle tire son nom), et celle-ci peut être placée à une extrémité ou sur un des côtés.

La tente de Netten Radcliffe est de forme oblongue, et, comme la tente marquise, est à double paroi en toile.

Elle a 4ni80 de long, 4^20 de large et 3^90 de haut à sa partie la plus élevée. Ses parois, en grosse toile, tombent perpendiculairement. Elle cube 536 mètres cubes. Quelquesunes de ces tentes en usage à Newark contenaient deux malades chacune, d'autres étaient réservées pour l'infirmière et les employés.

La tente en cloche sert au médecin résident, chargé du service de l'hôpital.

ÏÎÔPÎTAL DE TONBRIDGE.

En 1878, une épidémie de variole éclata à Tonbridge ; 69 cas furent signalés à l'autorité sanitaire. Il n'existait aucun hôpital pour les maladies contagieuses ; on loua deux petites maisons, et plus tard on leur adjoignit quelques baraquements en bois. A la fin de l'épidémie, l'autorité construisit l'hôpital qui existe aujourd'hui et qui a été complété récemment. On l'appelle dans la localité : « l'hôpital d'isolement (isolation hospital). » Le lieu où il est situé est connu sous le nom de « Seven-acre Wood » . C'est en effet un petit bois mesurant près de trois hectares, à un mille au sud de la ville de Tonbridge. Le sol est de pierre àsablon, recouvert d'environ 1"» 20 de marne et de craie. Au centre du taillis, et à une distance d'environ 100 mètres de la route principale, se trouve un espace de un hectare et demi défriché et en partie nivelé : sur cet emplacement, les bâtiments occupent une position un peu élevée et dominent une vue très étendue et des plus pittoresques. Un chemin allant de la grande route à l'hôpital à travers le bois a été également tracé. Ge chemin et environ quatre centiares dans le voisinage immédiat de l'hôpital sont enclos de palissades.

Le bâtiment de l'administration est en briques rouges recouvert de tuiles. Il a deux étages et il est exposé au midi. Au rezde-chaussée, deux chambres ; l'une pour le gardien, l'autre pour les infirmières ; une cuisine, un lavoir, un office, des chambres à provisions, des celliers pour le bois et le charbon, et un cabinet d'aisances bien ventilé auquel on arrive du dehors. A l'étage supérieur, il y a quatre chambres à coucher et une lingerie. Toutes les chambres habitées ont des fenêtres ù, doubles châssis et des cheminées à foyers ouverts.

Les murs des pavillons ont 30 cent, d'épaisseur et sont construits avec des briques, avec un espace intérieur de 0,05 c. ; le revêtement intérieur est en briques creuses. Chaque pavillon contient deux salles, situées de chaque côté d'une anticham-

bre et d'une chambre d'infirmière ; cette dernière est munie de judas qui permettent de voir dans les deux salies. Celles-ci mesurent 12 mètres de long et 3 m. 60 de large.

La hauteur du plancher au sommet du mur est de 4 mètres; jusqu'au plafond, elle est de 4 m. 60. Le centre de la salle s'élève de 0 m. 60 en plus avec le toit : la capacité cubique totale est de 174 mètres cubes.

Il y a trois lits dans chaque salle, soit un total de 12 en tout; chaque lit dispose de 42mètres de superficie de plancher et de 58 mètres cubes. En raison du peu de largeur des salles, les lits sont placésd'un seul côté.

Sur toutes les salles s'ouvrent cinq fenêtres à doubles châssis trois d'un côté et deux de l'autre. Chaque fenêtre a une superficie de 1 m. carré; la surface de la fenêtreayant ainsi une proportion de presque G m. 0920 pour 1 m. cube 740 d'espace de la salle. Sur un côté de chacune des salles, il y a des ventilateurs mesurant 0 m. 30 sur 0 m. 23 c. placés juste au-dessus du niveau du plancher, et dans le plafond se trouvent des conduits donnant sur le toit. x\u milieu d'un mur et faisant face à la fenêtre centrale du mur opposé, on a fixé un poêle américain Sylph. Ce poêle chauffe la salle suffisamment et économiquement.

Au bout de chaque salle sont situés un cabinet d'aisances et un cabinet pour les seaux, etc. ; tous les deux sont ventilés avec des courants d'air et sont séparés des salles par une antichambre ventilée de la même façon. Les bouches d'égout servant à f écoulement des eaux des salles sont placées en dehors des bâtiments.

A la tête de chaque égout, des réservoirs se vidant automatiquement (système Field) assurent la propreté et le curage. L'eau provient d'un puits creusé à quelque profondeur dans la terre à sablon ; elle est pompée dans un réservoir d'où elle est distribuée dans toutes les parties des bâtiments. De plus, une citerne reçoit l'eau de pluie. Les bâtiments extérieurs sont en bois sur fondations de briques; les toits en tuiles. Ces bâtiments comprennent une blanchisserie, une salle mortuaire, un hangar de voitures d'ambulance.

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