ZZ
le 2^ type, nommé HARMONIQUE.
Cl. 63.
Mais comme rexhaussemeni du 7* degré transformait l'intervalle 6 — 7 en une seconde aiigmcnléc, inlcrvalle assez gênant pour les chanteurs (1) (à l'oiigme presque toule la musique élait surtout vocale) on hausse aussi le G* degré. Exemple en la :
i'^i^Ao^'^
Cl. 04.
En sorte que le .second létracordc mineur fut en tous points semblable au second télracorde Majeur.
Mode Mineur
Mode Miiiaur :
fc
^^zzz
rz:
.'.^oi<^
Cl. (iô.
C'est le 3* type, nommé MELODIQUE.
Quelques théoriciens ont classé aulrenient les types : le type mélodique est le premier, l'harmonique est le deuxième et l'antique est le troisième. D'autres indiquent l'harmonique comme étant premier, le mélodique comme deuxième, l'antique reste troisième. Cette classification est arbitraire. La gamme antique étant la plus ancienne, c'est elle qui doit être considérée comme PREMIER TYPE. Le type harmonique étant venu ensuite, il sera classé DEUXIEME. Le type mélodique n'est apparu qu'en troisième lieu.
Pour résumer la question, la gamme mineure originaire (type antique), est très différente de la Majeure, quoique composée des mêmes sons. On s'est efforcé de la faire ressembler le plus possible à la gamme .Majeure, on y adjoignant des éléments chromatiques.
(1) Les Oricntau.v, cependant, ont pratiqué depuis des temps immémoriaux, la seconde augmculée. Une flamme orientale devenue jjopulaire depuis que les russes l'ont mise on honneur est : 1. 7 h. G l>. b. 4h. 3b.2. 1. Us emploient même dans leur musique i\es quarts de ton. iuc-onnns eu Occident.
L MU llicoiic de la gainine mineure a élé ingénieusement émise par le musicologue allLMiiand [\. Kiemaun. (Cette théorie avait déjà été exposée pa!"tiellemenl par Zarlino (1), Ihuiptmann (2) et Van Oeltinger (3); après que il. Uiemann l'eut mise tout à fait en lumière, elle fut reprise par .MM. d'indy et Sérieckx dans leur Traité de cornposilion.)
Selon cette théorie, la ganune mineure serait l'INVERSE de la yamme Maicure. Celle dernière est asccndanlc; inversement, la mineure est descendante et commencerait par la quinte au lieu de commencer par la tonique.
A\ In
Cl. Gbbis.
On voit ici que, disposée de la sorte, la gamme mineure exhibe des demi-tons régulièrement placés; les deux tétracordes sont identiques. Les accords mineurs s'avèrent également inverses (descendants) des accords Majeurs (montants). En elïel, en la :
la la ré
mi
ul
la
SI
sol mi
sont composés dune tierce maicure supérieure et d'une tierce mineure inférieure, ce qui est Venvers des accords maieui's, où la tierce Majeure est située sous la tierce mineure.
ut
sol
rc
la
mi
SI
FA
do
sol
La VRAIE FONDAiMENTALE (PHLME) de l'accord mineur serait donc le son supérieur. Les accords mineurs seraient donc des RESONAN- CES LNFERIEl'RES, tandis que les accords majeurs seraient des RESONANCES SliPERIEURES.
délie théorie est encore rtp/n//yc6' i)ar réeJielle des harmoniques, ifue nous nous tjornerons à menlionner pour le moment cl que nous étudierons à la lin de cet ouvraqe. (Chap. XIL)
(1) Zarlino. né à Chioggia (Vénétie) en 1517, mort en i590 k Venise, oii il fat maître de clinpelle fie Saint-Marc.
^'■ij M. ifauptmann, théoricien allrmnnd, né à DrcKlc en 1792, «lécOtiù à Leipzig en 1868.
(•'{; N'an Œttingeii, no à Dorpat (Livonie) en Ifc.^G. C'est son oiivra{,'c : Jfurmonie- System in dualer ICntwickelwKj (1866; (Svfittme d'iKinnonio en d('!veloj)jieinent donl>lc), qui exj)osc les idées que M. Riemann reprendra plus Uird.
11. Hieinann indique les harmonies mineures par les lettres S, T et D suivies de l'indice ". Les degrés mineurs sont représentés par des chiUres romains (1, TI, III...), alors que les degrés du mode Majeur le sont par des chillres arabes (1, 2, 3...)
Il indique les accords relatifs du majeur par les lettres S, T et D suivies d'un /; qui signifie : parallèle. Sp est donc Vaccord parallèle (relatif) du 4" degré (soit BE dans le ton d'UT); Tp et Dp sont respectivement les accords parallèles (relatifs) du P'' et du 5« degrés: en UT : LA, MI (se reporter aux exemples précédents.) Ne pas confondre ces indications avec celles données plus haut : dans la théorie, les accords mineurs se forment en descendant, et le son supérieur est la Prime. Ici, Tp, Sp, Dp, c'est ^e relatif d'un accord Maieur qui est désigné et non pas la Prime d'un accord mineur. Il s'ensuit que la Prime de l'accord mineur de ré est LA et l'accord parallèle de la Sous-dominante est la-fa-ré. Il ne faut qu'un peu d'exercice pour s'habituer à cette conception du mode mineur, évidemment la plus logique, mais encore peu répandue, surtout en Belgique et en France, où les méthodes surannées sont encore d'un usage général.
Une autre théorie des accords mineurs est celle-ci : l'accord naturel, originel est Vaccord Maieur. (Voir chapitre XII, les harmoniques d'un son donnent en effet l'accord parfait majeur). La tierce de l'accord Majeur étant fléchie (abaissée), l'accord devient mineur...
Dans la pratique, le type ancien n'a guère servi qu'aux gammes descendantes.
Le méfodique n'a été usité que pour les gammes montantes.
Jjliarmonique a servi en montant et en descendant, mais a été réservé aux compositions instrumentales, à cause de l'inlei-valle incommode 6-7 haussé.
^^TVP5(A.r^,..^^^ 2'^.rPEfH .^^^
>|v/ifr R yt I^Ef^TAL
Cl. 6G.
N. B. — La goiuiiic inonlanlc aiiliciuo a clc vccinidoijcc \niy (iiiclqucs coînposilcuis iiiodcnnes.
QuuDt à la (jawme descendante du lypc mélodique, on en liouve de nombreux cniploia dan>i la musique du WIII^ siècle, celle de J . S. BacJi, nolanuueid. Par exemjile le thème de la luoue pour orgue en sol mineur.
Les gamines mineures ne s'exUayenl (|ue liés lahorieusemeiil de l'échelle des quinles, à part le type aiiliquc.
Pi-C!i()iis par exemple, le 2"*= lype. 11 se présente ainsi :
Cl. (iS.
On V constate trois sons inutiles : le T""" baissé, le ()"'^ haussé cl le 3'"* haussé. Les théoriciens les suppriment tout simplement!
De même le 3' lype.
lu
sz:
zz
:zi.
Cl. G9.
Ici. les sons 3 haussé cl 7 baissé sont inutiles et à sn[)prinier!
Tout cela n'est pas satisfaisant.
Aussi, croyons-nous plus sinq)lç de dire que les types 2 et 3 du mode mineur sont des variaiMcs .ulifificllcs (hi lype 1 : on a altéré le type 1 en y introduisant des éléments du mode Maieur : d'aboid un 7'"* degré, puis un G"'.
— ïo —
Si Ton a inaioiisé le 2" lélraconlo du mode miiieiir, [)ar contre, on a niinorisé le mode majeur, eu baissant le O'^'" degré :
Eu lU
Cl. 70.
ici, le In bémol est évidenuneul emprunté au mode (Vul mineur, que nous appclerons avec II. Uiemann (1), le mode opposé au mode d'iil maieur. (F. A. Gevaert désigne la gamme ainsi form.éc sons le nom de : gamme majeure teintée de uiineur.)
On aurait pu aller plus loin et minoriscr complètement le second tétracorde Majeur :
Eu ut
Cl. 71.
avec l 'ad jonction du 7^ degré baissé.
De même, maioviser davantage le 2^ tétracorde mineur par l'adjonction du G°'* haussé seul.
Cl. 72.
En Majeur, l'on obtiendrait une disposition semblable
E— ■ fUT^^^^-i
Cl. 7c
(pie le compositeur liégeois, D. Pâquc, a utilisée dans son Ouverture
(1) Théoricien allemand, auteur d'un célèbre Uaité d'harmonie, né U Sondershauscn en 1849. (Voir plus loin : Appendice).
Solennelle pour oivhesln^; c'est le :^eul (-{is d emploi que nous connaissions. Voici le tableau général de toutes les modifications :
^zn
^zz
Ap
rgru^
p/) zl/
^^ ..oul'^'^'"
gt
te^
l^ n^.^fi^ ^'hi.
ilA
ké
Cl. 74.
De même en descendant.
Une autre gamme, toute théorique, est celle (pii provient de la combinaison de tous ces éléments majeurs et mineurs :
ut
Cl. 75.
On l'appelle type Majeur-mineur, ou 4* type, (lïn [ail, c'est une gamme chromatique incomplète.)