PATHOGÉNIE
Avant d'aborder l'étude du développement des kystes inclus, nous devons dire quelques mots sur leurs variétés.
Nous avons défini ces kystes dans l'introduction de ce travail, et nous avons fait remarquer que nous ne comprenions dans notre description que ceux qui, nés dans l'ovaire, dédoublaient les feuillets du ligament large, croissaient pour ainsi dire en dehors du péritoine. De la position de l'ovaire dans l’aileron postérieur, de son insertion sur le ligament large par un mésovarium dont la longueur égale toujours au moins près de 1 centimètre, résulte une difficulté pour comprendre le mode de développement des kystes que nons étudions ; et cependant ils sont loin d’être rares, puisque dans 290 ovariotomies, Péan a rencontré 36 fois des kystes inclus.
L'inclusion des kystes ovariques comporte bien des degrés, comme nous allons le voir. Il est de ces tumeurs qui sont entièrement sousséreuses et ne se sont développées par aucun point de leur surface dans la séreuse abdominale ; ces cas sont les plus rares. Ce sont les kystes à inclusion complète. Faute de renseignements assez complets dans les observations que nous avons recueillies, nous ne pouvons donner aucune proportion.
Une deuxième variété comprend les kystes à inclusion incomplète, qui sont contenus en grande partie dans le ligament large, reposent sur le plancher pelvien et ont leur extrémité supérieure dans la cavité abdominale. Ces tumeurs sont à la fois intra et extra-
péritonéales. Nous classerons dans cette catégorie les kystes inclus au moins dans la moitié de leur surface.
La troisième variété que nous admettons seulement pour la facilité de notre étude, se rapporte à tous les kystes qui ne sont attenant au ligament large et à la face interne de ses feuillets que par une large base d'implantation. Ces kystes n'ont pas dédoublé toute la hauteur des ligaments et ne reposent pas sur le plancher pelvien ; leur développement est surtout intrapéritonéal, mais en raison de leurs rapports intimes avec la partie supérieure des ligaments el du mode de traitement dont ils sont susceptibles, nous ne devons pas les passer sous silence.
On voit donc que, depuis le kyste à inclusion complète, jusqu'au kyste à pédicule court attenant au ligament large, nous avons une série de degrés inappréciables qui ne sont réellement pas susceptibles d’une classification. La scission de ces tumeurs en kystes inltrapérilonéaux et extrapéritonéaux semble très rationnelle ; mais, en réalité, elle ne peut suffire, puisque nous rencontrons le plus fréquemment des kystes développés à la fois dans le péritoine eten dehors de lui. De plus, avec cette division, nous ne saurions dans quelle catégorie ranger les petits kystes entièrement inclus dans les ligaments. Nous préférons de beaucoup à cette classification celle que nous avons adoptée et qui comprend trois variétés :
1° Kystes à inclusion complète.
2° Kystes à inclusion incomplète.
3° Kystes à large base d'implantation interligamentaire. Nous excluons de Ja troisième classe les kystes à pédicule court, sessiles, ef nous ne comprenons que ceux qui sont en rapport avecle tissu lâche situé entre les feuillets séreux. En un mot, le sujet de notre travail se bornera à l'étude des kystes ovariques qui, par toute leur surface ou par une partie seulement de celte surface, sont en rapport avec le tissu celluleux interligamentaire ou avec le tissu cellulaire pelvien. |
Les causes de l'inclusion des kystes de l'ovaire peuvent être distinguées en causes anatomiques et en causes pathologiques.
Les causes anatomiques comprennent les anomalies de développement, de situation de l'organe, la largeur de la surface d'implantation, l’étalement du mésovarium.
Parmi les causes pathologiques, nous trouvons les divers déplacements de l'organe provoqués par un changement de position de
l'utérus, les processus si variables d'ovarite et de périovarite, les adhérences résultant de pelvipéritonite ou de contact permanent avec la trompe ou les ailerons ligamentaires, les chutes de l'ovaire dans la fossette rétro-ovarienne à la suite du relâchement des ligaments qui maintiennent l'organe (ligaments infundibulo-pelviens, de la trompe, de l'utérus), etc.
Nous allons étudier toutes ces causes en donnant à chacune d'elles l’importance qu'elle mérite; nous ne nous dissimulons pas qu'en faisant la première étude de la pathogénie des kystes interligamentaires, nous resterons forcément bien incomplet; nous aurons peut-être un mérite, celui d'attirer l'attention sur cette question intéressante.