I. — Æxiste-t-il une tumeur cérébrale
Parmi tous les états morbides qui constituent le domaine de la pathologie infantile, il n’en est peutêtre pas de plus importants que les méningites. Le syndrome clinique fourni par la présence du bacille de Koch sur les méninges présente parfois une telle analogie avec le tableau d’une tumeur cérébrale qu'il est souvent difficile de se prononcer.
Tout d’abord, on éliminera assez facilement les méningiles aiguës, en faveur desquelles on note : la céphalalgie, les vomissements, la constipation, la rachialgie, la douleur de la nuque, la température élevée, 40 degrés, le pouls rapide, 120, 140 pulsations. Le liquide céphalo-rachidien est jaune verdàtre, et renferme des polynucléaires.
Les difficultés augmentent lorsqu'il s’agit d’évincer la méningite tuberculeuse.
Cadet de Gassicourt l’a bien fait remarquer: le début peut prêter à confusion, l'enfant est triste, apathique, somnolent, puis le tableau clinique se précise: céphalalgie, vomissements, constipation, ventre en bateau, température 38, 39 degrés. Les contraclures, les convulsions, le signe de Kernig, etc., et surtout la présence de lymphocytes dans le liquide céphalo-rachidien lèvera tous les doutes. On tiendra
compte aussi de la plus grande fréquence de la méningite tuberculeuse vers l’âge de trois, quatre et cinq ans, l’évolution relativement courte de la maladie comparée à celle des tumeurs cérébrales, les antécédents familiaux et personnels du petit malade, les adénopathies, le facies qui dénotele candidat à la tuberculose. Toutefois, il faut bien le reconnaître, le diagnostic ne s'affirme pas toujours aussi nettement. Des kystes hydatiques cérébraux évoluent avec un véritable syndrome méningitique : le petit malade de Faton avait de l’hyperesthésie cutanée, de la mydriase, du strabisme, des contractures des membres, de l’incontinence des urines et des matières fécales. On retrouve sensiblement les mêmes symptômes chez les jeunes sujets de Castro, Flammarion et Mauthner. Plus typique encore est la malade de Guérineau: elle a des douleurs de tête, surtout à la nuque, elle se couche en chien de fusil, ferme les yeux, fuit la lumière ; constipation, ventre en bateau, vomissements alimentaires et bilieux, rétention d'urine; ne croirait-on pas qu'il s'agisse là d’une méningite tuberculeuse.
Certaines formes de scléroses cérébrales peuvent être prises pour des tumeurs cérébrales (Richardière), par exemple, les scléroses lobaires atrophiques se présentent très souvent avec le syndrome de l’hémiplégie spasmodique infantile, des crises convulsives à forme d’épilepsie jacksonnienne.
Les scléroses cérébrales à forme tubéreuse de Bourneville et Brissaud se comportent parfois comme
de véritables néoplasmes du cerveau : les fonctions intellectuelles sont troublées, on rencontre des paralysies avec ou sans contracture. Mais il faut bien tenir compte que dans la sclérose cérébrale, la céphalie, les troubles de la sensibilité, les vomissements font défaut. L’affection atteint surtout la première enfance, elle est déjà rare après la quatrième année.
L'hkydrocéphalie présente parfois une certaine difficulté de diagnostic, mais on se souviendra que l’hydrocéphalie essentielle évolue très lentement, la céphalalgie est peu vive,on trouve de la parésie des membres; mais pas de paralysie vraie, ni de contractures.
Enfin, signalons que certaines scléroses en plaques simulent des tumeurs cérébrales, mais alors l'œdème de la papille fait défaut, tandis qu'elle est nettement sympiomatique d’une tumeur cérébrale.
Par les crises de céphalalgie et de vomissements,les migraines peuvent faire penser à une tumeur cérébrale au début ; mais, en général, elles reviennent par crises plus régulières que dans les cas de tumeur cérébrale, notamment, le kyste hydatique qui évolue par poussées, par crises, avec périodes d’accalmie de plus ou moins longue durée. ‘
L'urémie avec sa céphalée, l'æœdème de la papille, les crises convulsives, pourrait induire en erreur ; il suflira de pratiquer l'examen des urines.
Quand nous aurons dit que les maux de tête, les vertiges, des troubles sensitivo-sensoriels accompa-