M ION LXI
RENE (Estévès. — Progrès médical, 1902, P- 99:) RATES Kyste hydatique de la région centrale de l'hémisphère gauche]
Garçon de huit ans. Début fde la maladie à quatre ans. Les parents remarquèrent qu'il marchait mal, difficultés des mouvements de la jambe droite qui allèrent s’accentuant, au bout de trois mois, le bras du même côté était pris.
Etat actuel. — Hémiplégie spasmodique droite, facial droit légèrement paralysé. En voulant saisir un objet, il tremble comme s’il était atteint d’une sclérose en plaques. Il marche incliné du côté gauche en fauchant de la jambe droite. Tout son corps décrit une courbe à concavité droite. Tête augmentée de volume, voussure de la région temporale gauche. Œdème papillaire. Depuis trois mois (août 1899), il parle avec difficulté ; ceci coïncida avec une syncope qu'il eut à cette époque. Il parle et répond lentement. Sensibilité tactile abolie à droite, anesthésie plus accentuée vers les extrémités des membres. Aphonie.
Opération le 19 novembre. — Craniectomie au niveau de la voussure temporale, Extraction d’un kyste du volume d’une orange, suture de la dure-mère, réapplication du lambeau ostéo-cutané. Dix jours après, amélioration, l'enfant commençait à parler. Le 16 janvier 1900, il parlait assez bien, mais conservait son hémiplégie avec un peu moins de rigidité. Quinze jours après, il retournait au collège. Cette
‘ amélioration ne dura que deux mois. En mars, il devient
capricieux, sot et gâteux. Parole difficile, mouvements entravés, raideur des membres, attaques d’épilepsie jacksonnienne ; 4 août, état comateux. Ponction exploratrice à l'endroit de l'intervention, on retire 1 centimètre cube d'un liquide trouble avec quelques grumeaux que l'examen microscopique montra être de la substance cérébrale. Le trocart se mouvait dans tous les sens d’une cavité.
L'état s’aggrava fin août, l'enfant mourut quinze jours
après, l’autopsie ne put être faite.
OBSERVATION EXII
(Estévès. — Progrès médical, 23 décembre 1899.)
Fille âgée de treize ans. Rougeole à sept ans. Pas d'autre maladie jusqu'en juin 1898, époque à laquelle survinrent des convulsions. Un jour, étant en classe, elle se leva tout d'un coup, se mit à crier et à agiter la tête, elle allait tomber, le maître d'école la soutint. Cette crise dura environ une demi-heure, des vomissements survinrent. Peu à peu, l’enfant se remit, mais une forte douleur de tête persista trois ou quatre jours. À partir de cette époque, les attaques se répétèrent une fois par mois et chaque quinze ou vingt jours, avec de violents maux de tête, localisés dans la région frontopariétale gauche et le milieu du front, céphalalgies qui se terminaient toujours par des vomissements. Un mois avant de nous consulter, on remarqua après une attaque convulsive, limitée au côté droit, que la bouche était déviée vers la gauche, et un mois après, une nouvelle attaque de la même forme laissa sans mouvements le bras et la jambe gauches.
À l'examen, le 4 mai : Physionomie sans expression,
strabisme externe de l'œil droit ; la pupille droite en mydriase ne réagit pas, la gauche en dilatation moyenne, réagit paresseusement. Névrite optique double, cécité complète de l'œil droit, acuité visuelle très pauvre de l'œil gauche. Hémiplégie spasmodique droite.
Sensibilité tactile un peu diminuée dans tout le côté droit.
Réflexes un peu exagérés surtout à droite. Etat général satisfaisant. L'enfant parle et répond lentement.
11 mai. — Nous examinons l'enfant le crâne rasé, nous remarquons sur l'os frontal une petite éminence ronde, fluctuante, située à o m. 09 du point nasal, et à o m. 03 à gauche de la ligne sagittale, produite par la perforation de l'os : la percussion du crâne faisait entendre un son complètement différent dans la région frontale gauche, il était à demitympanique et le doigt éprouvait une sensation de vide. Au moment où nous avons comprimé le point fluctuant, l'enfant ne put nous répondre, elle inclina la tête en arrière, le cou se gonfla, les yeux se relevèrent, cachant les cornées derrière la paupière supérieure. Le membre supérieur se contractura un peu plus, elle émit quelques sons, et la bouche se dévia davantage vers la gauche, ce fut tout.
13 mai. — A la suite d’une syncope, état demi-comateux, pouls petit, irrégulier, lent.
Opération, le 14 mai. — Résection temporale par le procédé de Doyen. La dure-mère, déprimée, donne une sensation de vide fluctuant, incision de la dure-mère adhérente à l'écorce, ponction d’un kyste hydatique contenant 300 grammes de liquide environ, extraction de la membrane à l’aide d'une pince. Suture de la dure-mère, on réapplique le lam-
. beau ostéo-cutané.
Après l'opération, la malade put remuer ses membres, les pupilles se contractèrent et réagirent à la lumière. Le strabisme avait disparu, la commissure labiale moins déviée.
Jusqu'au 22 mai, l'enfant se sentit bien, le strabisme revint de nouveau. Le pansement et l'oreiller apparurent complètement mouillés. Le liquide s’écoulait par un point de suture, il était transparent et citrin.
22 au 30 mai. — On peut calculer que la malade perdit journellement 800 grammes de liquide céphalo-rachidien.
Puis la quantité de liquide diminua, et l’état de la petite malade s’améliora.
Le 8 juillet, la sensibilité et la force musculaire étaient revenues, seule la bouche déviait encore un peu par moments.
La guérison se maintint jusqu'en août. A cette époque, perte de l'intelligence, phénomènes épileptiformes, coma ;
mort en septembre (1899).