‹ Étude sur les ligaments du péricarde chez l'hommeChapitre 24 sur 29 · LL. — ÉTUDE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

LL. — ÉTUDE EXPÉRIMENTALE

On croyail autrelois que la’ voûte diaphragmatique S'abaissait en bloc dans les mouvements d'inspiration.

L'expérimentation a montré que l'abaissement du diaphragme est localisé aux parties latérales, c’est-à-dire à la portion musculaire du diaphragme, tandis que-le centre phrénique sur lequel s'appuie le péricarde reste : relativement fixe.

Teutleben a entrepris des recherches sur les moyens de fixité du centre tendineux et, par conséquent, du sac fibreux péricardique qui lui adhère.

Les résultats obtenus par l'auteur allemand peuvent tenir en deux propositions :

1° Le centre phrénique, en connexion directe avec le péricarde, ne peut être maintenu dans sa fixité par les gros vaisseaux, bien que la tunique adventice des troncs vasculaires de la base du cœur se continue avec le sac fibreux péricardique. Ces vaisseaux sont, en effet, des formations mobiles, qui ont elles-mêmes besoin d’être assurées contre tout déplacement par des connexions intimes avec les organes fixes du voisinage.

2° L'appareil suspenseur du centre phrénique et du sac fibreux péricardique est formé par un ensemble de ligaments qui relient, les uns, le diaphragme au péricarde, les autres, le péricarde à la colonne vertébrale,

Poussant plus loin les recherches expérimentales ébauchées par Teutleben, nous avons essayé de déterminer expérimentalement sur le cadavre la valeur relative des ligaments suspenseurs du péricarde et des autres moyens de fixité du péricarde et du centre phrénique.

Nos expériences ont porté sur cinq sujets.

Nous avons employé la méthode d'expérimentation suivante, un peu différente de celle adoptée par Teutleben, et beaucoup plus précise :

On pratique au cadavre deux larges fenêtres sur chaque paroi costale, en respectant, en haut, les deux premières côtes, et en bas les arcs costaux, sur lesquels vient prendre insertion le diaphragme. On enlève ensuite les poumons, après section de leur pédicule. Quant à la plèvre pariélale, on peut l'enlever ou la laisser en place, si l'on veut se rendre compte du rôle qu’elle joue dans la fixité du péricarde et du centre phrénique.

Il faut enlever ensuite toute la paroï-antérieure de la cavité abdominale et vider celle-ci, afin de bien mettre à découvert la face inférieure du diaphragme tout entière.

On suspend alors le cadavre verticalement.

I faut prendre garde de ne pas exercer une constriction sur le cou, ce qui, non seulement pourrait faire subir des modifications de tension au système aponévrotique du cou, mais encore pourrait gêner l'opérateur dans les différentes incisions qu'il devra pratiquer sur certaines formations aponévrotiques, les cloisons sagittales par exemple.

Pour parer à cet inconvénient, on peut recourir au dispositif fort simple employé par Teutleben. Il consiste en une planche verticale qui supporte deux tiges de bois. Ces deux tiges, suffisamment rapprochées, supportent la tête qui appuie seulement par le bord inférieur du maxillaire inférieur et les régions postéro-latérales du crane.

Pour nos expériences, nous avons employé l'appareil suivant: quatre tiges de bois entrecroisées, dont deux reposent sur les échelons de même hauteur d'une échelle double, sont ainsi maintenues À une hauteur suffisante du sol (1 m. 80 à 2 m.). On les place de façon à figurer un quadrilatère dans lequel on passe la tête du cadavre ; les tiges sont ensuile resserrées et forment une sorte de carcan sur lequel s'appuie la partie inférieure du massif facial, d’un côté, et, de l’autre, l’occiput.

Fa, 11

Le cadavre étant mis en place, trois chaineltes, terminées par un anneau, sont accrochées à la face inférieure du diaphragme, à » centimètres une de l’autre, suivant

LR

une ligne transversale, située autant que possible à égale distance de la paroi antérieure et de la paroi postérieure de l'abdomen. La chaïnette moyenne se trouve sur la ligne médiane. |

Le bord supérieur de chaque anneau, M ( (ég. 11), est le point de repère mobile.

En avant du cadavre est suspendue une tige graduée en centimètres et en millimètres.

On place ensuite sur la paroi postérieure de la cavité abdominale, en regard du bord supérieur de chaque anneau, M, un point de repère fixe, À, représenté par la tête d’une te

Avant l'expérience, on vise dans la direction des points Met Aet la droite M À détermine sur la tige graduée un premier point O.

Après la section d’un ligament, si le point M descend en M’, la droite M'A détermine sur la tige graduée un deuxième point 0”. Après la section d’un autre ligament si le point M’ vient en M”, il détermine sur la tige graduée un deuxième point 0”.

Les chiffres qui, dans les tableaux suivants, indiquent l’abaissement du diaphragme et, par conséquent, du péricarde, représentent les distances 00”, O’0”, ete.

[l faut remarquer que les chiffres obtenus sont supérieurs à l’abaissement réel. La figure 11 le montre très nettement. En effet, dans le triangle OAO on a 0O0'> MM’, M et M’ sont à peu près sur le milieu des hgnes OA et O’A, donc MM = se

En outre, une règle graduée, horizontale, est placée en face du cadavre successivement à la hauteur du point M de chaque anneau, de façon que le point de repère mobile et le point de repère fixe A soient en ligne droite, chacun avec une division de cette règle.

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