PREMIÈRE PÉRIODE
a) Dans les heures qui suivent immédiatement l’occlusion du déférent, on ne trouve pas encore de lésions appréciables. Les lignées spermatiques existantes suivent encore une évolution normale et même il en est de nouvelles qui prennent naissance dans la couche génératrice (Rat 14, G et D).
b) Puis, vers le deuxième jour environ, l’accumulation du sperme qui ne s'excrète plus produit ses premiers effets : il y a un arrêtdans la production des cellules séminales ; et celles préexistantes, dont le développement s'achève au milieu de conditions extérieures propres à troubler leurs rapports avec le
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syncytium nourricier, ou bien dégénèrent suivant des modes variés, ou bien présentent des perturbations dans leur karyokinèses et donnent naissance à des cellules multinueléées, véritables tératocytes. Plus rarement, on trouve des tubes séminifères à épithé- Hum disloqué.
Quelques détails sur ces dégénérations et malformations cellulaires sont, ici, nécessaires.
1° Phénomènes nécrobiotiques où dégénératifs. — Bouix (1897), en a donné une description fort exacte; nous ne pouvons mieux faire que d'en donner un résumé. Protoplasma et noyau dégénèrent suivant des modes propres à chacun d'eux. « Le protoplasma peut devenir hyalin par la coalescence €t la fusion de ses granulations constituantes ; ces masses hyalines se fragmentent quelquefois et se dissolvent peu à peu dans le liquide intercellulaire. I peut également subir la dégénérescence granuleuse ; on voit alors au début la masse protoplasmique augmenter de volume d'une façon assez notable, puis se décomposer en granulations qui disparaissent par dissémination et dissolution ultérieure (plasmarrhexis). »
«Dans le noyau, les microsomes du réseau chromatique peuvent se gonfler, se souder les uns aux autres et former ainsi un réseau à travées homogènes qui se condense en une masse unique (pyenose); ils peuvent aussi se rassembler en fragments chromatiques de taille plus où moins inégale, qui se soudent en plusieurs blocs fortement colorés ou qui se dispersent dans le eytoplasma (caryorrhexis). Dans certains cas les microsomes se dissolvent en une
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Substance liquide qui imbibe le noyau et le cytoplasma (caryolyse). D'ailleurs, une partie de la chr'omatine peut subir un processus dégénératif différent de celui qui atteint l’autre partie du noyau. »
2° Phénomènes tératologiques. — A côté de ces dégénérations qui frappent les cellules à l’état de repos, 11 faut signaler un certain nombre de troubles qui peuvent les atteindre pendant leur phase d’activité reproductrice ; nous voulons parler de ces divisions mitosiques anormales, véritables désorientations karyokinétiques, dont une des conséquences est la production des tératocytes. BouIN à vu encore ces karyokinèses asymétriques, hyper et hypo-chromatiques, désordonnées, pluripolaires... Mais l'existence des cellules à noyaux multiples lui a échappé. Ce sont en somme de véritables monstres cellulaires aujourd'hui bien connus. I est exceptionnel de les constater sur un testicule à l'état physiologique, mais on les retrouve en abondance à la suite de certaines perturbations de la spermatogénèse, par exemple après des coïts répétés, pendant l'hibernation, etc. (ReGauD 1900) ; ou encore dans certains états pathologiques de la glande, tel que celui qui succède à sa piqûre avec des aiguilles rougies (MaxImow 1899) ou bien à la section du déférent, comme nous l’avons vu nous mêmes. On ne discute plus aujourd’hui sur la genèse de ces tératocytes ; Maximow voyait en eux le résultat du fusionnement de cellules primitivement uninuclées; REGAUD puis BrOMAN (1900) ont démontré qu'ils proviennent de karyokinèses multipolaires. Ces tératocytes, une fois formés, sont susceptibles de
présenter tous les modes dégénératifs décrits plus haut.
Remarquons que ces cellules nécrobiosées ou monstrueuses existent non seulement sur le testicule à canal déférent récemment oblitéré, mais aussi quelquefois (Rat 17, G) sur ceux pourvus d’un petit kyste à spermatozoïde; la raison en est simple: avant cette formation kystique et pour la déterminer! il s’est produit nécessairement une augmentation de pression. intra canaliculaire du sperme, et c’est elle qu'on doit rendre responsable de ces lésions. ;
c) Puis, au bout d'une à deux semaines, les spermatogonies souches ayant cessé de donner de nouvelles générations, la spermatogénèse est arrêtée. Dans tous les tubes séminifères, Fépithéllum séminal se trouve réduit à quelques spermatogonies poussiéreuses ou croutelleuses isolées dans le syneytium. Depuis longtemps les lignées séminales en cours de développement au moment de l'intervention opératoire ont achevé lenr évolution, normale pour les premières en date, tératologique pour les dernières venues. Des unes et des autres, il ne reste plus actuellement que des vestiges, constitués en majorité par des têtes et des queues de spermatozoïdes. Dans certains tubes en effet, on trouve des têtes safranophiles isolées au milieu du syneytium et au voisinage des noyaux de Sertoli ; elles résistent longtemps à la destruction et ne diminuent que progressivement de volume, ainsi qu'un morceau de caramel qui fond dans l’eau; les queues sont plus rares; elles forment de petits paquets de fibrilles facilement reconnaissables à leur épais-