Etude sur les organes souterrains de quelques Ophrydées de Java
Crâce à 1 obligeance de M. le Eïirecteur du Jardin botanique de Buitenzo! nous avons pu nous procurer trois espèces d Ophrydées de Java : Penslyhis grandis Bl., Platanthera S Usa mue Lindl. et Platanthera angustata Lindl., qui. jusqu’ici, n avaient pas été étudiées au point de vue qui va nous occuper.
Les deux premières ont un aspect morphologique absolument analogue à celui des Ophrydées à tubercules ovoïdes de la tlore française. L organisation anatomique de leurs organes souterrains est également analogue a celle que nous avons décrite précédemment 1 chez nos espèces indigènes. Les racines adventives minces montrent une structure monostélique typique. Les tubercules, ovoïdes, renterment de nombreuses petites stèles s anastomosant entre elles et contenant chacune un nombre de faisceaux ligneux variant entre un et cinq (le plus souvent
deux ou trois), et un nombre égal de faisceaux libériens placés en alternance. . > ' . * v,
Les deux espèces sont de forte taille, surtout le Peristyfus grandis., dont les tubercules peuvent atteindre jusqu à o centimètres de diamètre et renfermer une centaine de stèles dans leur région équatoriale. Cette dernière espèce se fait <aussi remarquer par le grand nombre de racines adventives, très pubescentes, qui naissent à la base de la tige aérienne. II faut aussi noter que, chez le Peristylus grandis , le pédicule reliant le , nouveau -tubercule à 1 ancien est très allongé (o à 6 cm.)» comme chez les Serapias. Cet organe possède d ailleurs l’organisation et la structure anatomique complexes que nous avons
décrites autrefois dans le pédicule des espèces à tubercules
ovoïdes.
t. Nobécourt (P.), Sur la structure anatomique des tubercules des Ophrydées (C. R. A c. Sc., CLXX, 28 juin 1920); Les tubercules des Ophrydées (Bull*- Soc. bot. de France, LXYIII, 28 janv. 1921 .
P. NOBÉCOURT. — ORGANES SOUTERRAINS DE QUELQUES OPHRYDÉES. 227
Nous ne constatons donc rien de bien nouveau chez le
Platanthera Susannæ et le Peristylus grandis ; par contre le Platanthera angustata olTre dans ses parties souterraines un aspect très différent de celui qu’on est accoutumé de rencontrer chez les Ophrydées de nos pays. On y trouve un long rhizome, portant des racines allongées, non ramifiées et dont quelquesunes, renflées à leur partie supérieure, méritent l’appellation de tubercules. De ce rhizome s’élèvent des tiges aériennes en nombre égal à celui des tubercules. Un examen un peu attentif de ce rhizome permet de se rendre compte que c’est un sympode. A la base de chaque tige aérienne se développe un nouveau segment de rhizome portant quelques racines adventives, dont la première se renfle en tubercule, puis la tige se recourbe, d’horizontale et souterraine devient verticale et aérienne, tandis qu à la base de la partie verticale se développe, aux dépens d’un bourgeon axillaire, un nouveau segment de rhizome, et ainsi de suite.
!' ; fin somme, ce mode de développement est, au fond, analogue à celui qui existe chez nos Ophrydées de la flore française. La différence consiste surtout en ce que, chez celles-ci, dès la floraison terminée, la tige aérienne se flétrit et chaque tubercule se résorbe à mesure qu’il. s’en développe un nouveau, de sorte qu’il ny a jamais qu une seule tige aérienne et. en général, seulement deux tubercules, tandis que, chez le PI. angustata , les tiges aériennes et les tubercules successifs persistent un temps plus ou moins long, que seule d’ailleurs une étude sur place permettrait d apprécier. Bemarquons aussi que, chez la plupart des Ophrydées, le rhizome est, soit extrêmement court, soit concrescent avec d autres organes (de manière à former ce qu’on a appelé le pédicule) ce qui a souvent empêché de reconnaître sa vraie nature.
Fig. 1. — Platanthera angustata :
Parties souterraines (schématisées). ' • : "
tnbercule en formation ; t\ t'\ %"*. anciens tubercules.