III IV
Fig. 2. — Schéma de la division de la stèle dans une racine
de Vlatanthera angustata . , ’ S
cependant exception les racines non tubérisées de 1 Haoenana ( Platanthera) orbiculata Torr. et les tubercules- de jeunes individus d ’Habenaria hyperborea Lindl.; dans ces deux cas, la stèle, unique vers la base de l’organe, se divisait ensuite en se rapprochant de sa pointe. - .
Chez le Pt. angustata que nous avons étudié, les racines non tubérisées possèdent toujours plusieurs stèles dans la majeure partie de leur longueur. A mesure que l’on fait des coupes plus près de la base, on voit le nombre des s diminuer. Cependant lorsque l’on pratique la coupe au ras du rhizome sur lequel la racine a pris naissance, on trouve encore plusieurs stèles. Mais les racines adventives sont des organes d’origine endogène, de sorte que leur base est entourée par les tissus corticaux du rhizome générateur, tissus à travers la racine s’est frayé un passage. En faisant des coupes dans
1 . Holm (Th.), hoot structure of North American Orchidæ (Amer, journ. of Se., vol. XVIII, 1904
2. White (J.-H.), On polystely in roofs of Orckidaceæ Univ. ot Toronto Studies, Biological séries, n° 6, 1907).
P. NOBÉCOURT.
cette partie basale cachée de la racine, on constate que celle-ci n’y possède qu’une seule stèle entourée d’un seul endoderme, et qui, par sa division à mesure que la racine s’allon g e > donne les stèles multiples que l’on trouve plus bas. Cette division s’effectue de la manière indiquée par le schéma ci-joint : la stèle prend d’abord une forme de croissant, puis se fragmente. Les stèles ainsi formées, d’abord plus ou moins allongées, deviennent peu à peu circulaires. Chacune d’elles contient deux
Fig. 3. — Stèle de racine du Platanlhera anguslata,
un peu avant sa fragmentation.
à cinq faisceaux ligneux et autant de faisceaux libériens alter-
najH'avec eux.
Les tubercules du PI. angustata possèdent quatre ou cinq stèles renfermant chacune de un à six faisceaux ligneux et autant de faisceaux libériens. Autour des stèles, se trouvent des assises de cellules collenchymateuses. Le reste de la masse du tubercule est formé d’un parenchyme amylifère parsemé de quelques grosses cellules à mucilage. Contrairement à ce qui a lieu dans les racines minces, les stèles du tubercule apparaissent simultanément dès la base de l’organe, puis cheminent à peu près parallèlement jusque vers la pointe de celui-ci. v |»e rhizome du PL anguslata possède une structure normale de tige de Monocotylédone : on n’y trouve qu’une seule stèle contenant de nombreux faisceaux libéro-ligneux épars.
SÉANCE Dü 28 AVRIL 1922.
Le parenchyme des racines non tubérisées est très largement infesté par un champignon endophvte, pelotonné dans les cellules, ainsi qu’il est de règle chez les Orchidées. Mais il faut noter que, dans cette espèce, les tubercules, eux aussi, sont souvent infestés, même dans leur partie renflée. Nous avons précédemment signalé que si, chez les Ophrydées, on peut observer des champignons endophytes dans les digitations des tubercules palmés, ainsi que dans la partie amincie du tubercule allongé du Platanthera b i folia, ils sont absents des parties renflées, ainsi, du reste, que des tubercules ovoïdes, qui sont entièrement indemnes 1 . La présence de ces champignons dans la partie renflée du tubercu!e du PL auguslata, constitue donc une exception aux faits observés jusqu’ici. Mais il faut remarquer que chez cette plante, les tubercules et les racines ordinaires présentent beaucoup de points de ressemblance : morphologiquement. les tubercules, très allongés, ressemblent aux racines; anatomiquement, les deux sortes d’organes ont une structure analogue à quelques détails près. Il n est donc pas étonnant que, physiologiquement, leur prédisposition vis-à-vis des champignons endophytes soit analogue.
Par 1 ensemble des caractères de* ses organes souterrains, le PL angustata s’écarte très notablement du type habituel des Ophrydées. Cependant, par la structure de ses racines, cette plante javanaise est à rapprocher des Platanthera ou Habenaria nord-américains étudiés par Holm et White (spécialement du Pl. orbiculata, où les stèles dans les racines minces, proviennent également de la division d'une stèle d abord unique). Peut-être faut-il voir dans ces plantes des types primitifs, tout au moins sous le rapport de 1 évolution des organes souterrains. Il est regrettable que la difficulté que l’on éprouve souvent à se procurer les Ophrydées exotiques (qui sont parfois des espèces très rares), ainsi qu'à les cultiver et à isoler leurs endophytes, rende très malaisée une étude comparée des organes souterrains dans l’ensemble de cette tribu, tant au point de vue morphologique et anatomique, qu’à celui des diverses manières
1. D’après Noël Bernard, ces tubercules possèdent des propriétés fongicides. Sur la fonction fungicide des bulbes d’Qphrydées, Ann. Sc. nat. Bot., 9 e série, t. XIV, 1911.)
E. GADECEAU.
SUR LA DESCENDANCE d'üN HYBRIDE NATUREL 231
dont ces organes se comportent vis-à-vis des champignons endophytes. La présence ou l’absence de ceux-ci, ainsi que leur espèce, doit en elïet grandement influer sur l'organismehôte et là réside vraisemblablement une des causes les plus importantes des anomalies si nombreuses que présentent les Orchidées, aussi bien dans leurs fleurs que dans leurs organes végétatifs aériens ou souterrains. Toutefois, à défaut d’étude d’ensemble permettant d’établir des conclusions générales, nous espérons pouvoir apporter ultérieurement encore quelques contributions à la connaissance de ces plantes si remarquables.
Deuxième note sur la descendance d'un hybride
naturel : Chenopodium album x purpurascens
PAR M. E. GADECEAU.
Je signalai, en 1915‘, l’hybridation naturelle qui se produisait à Nantes, dans mon jardin, entre le C. purpurascens Jacquin et le C. album L. (les deux plantes s’y reproduisant spontanément) et j exposai les résultats d’un premier semis de
oet hybride fait en 1913. * -
Cet hybride s est maintenu depuis, se répandant à l’état de mauvaise herbe, en même temps que le C. album dont il se distingue, en jeunes pi-ecls, par la coloration pourpre de la base des feuilles.
Je recueillis, en 1919. les graines d un de ces hybrides et je les semai au jardin des i Mantes de Paris. Voici les résultats que j ai obtenus : sur 40 pieds. 5 seulement sont revenus au type du Ç. album , sans aucune coloration, tandis que 35 otîraient sur les jeunes feuilles et sur les tiges la coloration accentuée du C. purpurascens. Ces 35 pieds ont atteint une hauteur d environ 1 m. GO. Aucun n’a conservé la forme des feuilles du C, purpurascens (siuées-dentées, deltoïdes, très obtuses), tous ont les feuilles profondément et inégalement dentées, longuement en <ïoin4-la base du C. album: ;-;a,
L Bull. Soc. bot. Fr., LXII, p: 288-295.,