CHAPITRE Y
De l'influence de l’inanition.
Tous nos sujets empoisonnés par le mercure, cessent de se nourrir et diminuent rapidement de poids ; nous nous sommes demandé si ce fait seul ne pourrait pas amener dans le tissu osseux des modifications qui pourraient être à tort attribuées au mercure. Pour répondre à cette question, nous avons institué une expérience dans les conditions suivantes :
Quatre lapins de même poids sont mis en expérience; le lapin À est gardé comme témoin ; B est inanitié jusqu’à ce qu’il aie perdu 800 gr., c’est-à-dire davantage que les lapins G et D qui ont été empoisonnés par le mercure.
Lapin A , témoin, poids 2110 gr.
Poids total des os, 25,5 gr.
Le tibia pèse 4 gr., laisse par la calcination 2,288 gr. de cendres, soit 57,2 %•
Les reins calcinés laissent 0,147 gr. de cendres.
Lapin B, inanitié. Poids 2380 gr., tué après 7 jours, pesant 1580 gr., a perdu 800 gr.
Poids total des os, 24,700 gr,
Le tibia pèse 4,11 gr., laisse à la calcination 2,518 gr. de cendres, soit 61,20.
Les reins calcinés laissent 0,280 gr. de cendres.
Lapin C, traité par solution aqueuse de bichlorure de mercure.
Poids 2380 gr., perd 280 gr.
Poids total des os 29,39.
Le tibia pèse 4,79 gr., laisse par la calcination 2,529 gr. de cendres, soit 52,8 %.
Les reins calcinés laissent 0,890 gr. de cendres.
Lapin D, traité par peptonate de mercure.
Poids 2480 gr., perd 310 gr.
Poids total des os 25 gr.
Le tibia pèse 4,76 gr., laisse à la calcination 2,38 gr. de cendres, soit 50,1 %.
Les reins calcinés laissent 0,6092 gr. de cendres.
Poids total Gendres du Cendres du
Cendres de l’urine
des os.
tibia OjO.
rein.
pour OiO.
Lapin tém.A. j
gr. 25,50
Lapin inan. B.
Lapin au bi-
chlorure C.
Lapin au pep*
tonate D. .
Cette expérience nous montre donc qu’un animal inanitié, loin de perdre la partie minérale de son tissu osseux, possède des os qui laissent beaucoup plus de cendres.
Ne faisant pas de physiologie, je dois me borner à donner ici le résultat de l’analyse chimique ; mais il me
semble que l’on pourrait expliquer ce Fait en disant que ces animaux autophages absorbent plutôt la partie organique du tissu osseux, en sorte que la partie minérale devient prédominante.