GiRy l'avait déjà noté {op. cil., p
eût conservé des diplômes. En fait, c’est une charte d’immunité de cet empereur qui figure en tête du Rouleau des privilèges composé à l’abbaye au début du XI° siècle"; dans cette charte, Louis le Pieux interdisait, suivant la formule habituelle, à tout « judex publicus » de lever aucune redevance sur les biens du monastère, et, notamment, sur ses églises ” : c'en était assez pour que le faussaire mît le privilège sous un si auguste patronage.
Mais, si tel est l’ordre chronologique des faux, pourquoi, lorsqu'il s’est agi de fabriquer le pseudo-diplôme de franchise, ne l’a-t-on pas attribué à Louis le Pieux ? Seule l'observation de M. Lot permet d'expliquer cette anomalie. Les moines conservaient dans leurs archives un diplôme authentique de Charles le Chauve, octroyé à Vieux-Poitiers le 10 juillet 849, par lequel il leur donnait l’église Saint-Jean d'Angers. Or, ils avaient, en 994, cédé celte église à l’évêque Renaud *. Leur diplôme n'offrait donc plus pour eux aucune utilité, et, plutôt que d'en fabriquer un autre, faux de toutes pièces, il leur élait préférable d’interpoler celui-là : le document qui sortit ainsi de l’officine des faussaires contenait certaines parties véridiques — à commencer par la donation de Saint-Jean d'Angers — qui semblaient garantir que les autres l’étaient aussi.
Une première conclusion peut être déjà dégagée : le diplôme a été falsifié après la bulle; or, celle-ci, en aucun cas, n'a pu l'être avant avril 1004, qui est sa date préten-
70. Archives de Maine-et-Loire, H 1836 (cf. Sacné, Inventaire CITÉ D 4):