JURIDICTIONS DU VIII’ ET DU XI° SIÈCLE
suite *. À Cerisy, en 1032, le privilège englobe limitativement une première liste des biens du monastère; suit une autre liste qui en est exclue’. On pourrait multiplier les exemples, ou plutôt reprendre un à un tous les textes de franchise que nous avons cités, et il s’en dégagerail toujours la même idée : à côté de ses domaines alffranchis des coutumes épiscopales, une abbaye en a d’autres. Il y a deux groupes : ceux qui sont privilégiés et tout le reste qui ne l’est pas. On se trouve en présence de la conception de territoire privilégié fixe, qui est à l'opposé de celle du VIII siècle.
Telles sont les différences profondes qui séparent les deux juridictions privilégiées du VII et du XI° siècle. Leur examen comparé aboutit à ne voir entre elles aucun rapport intrinsèque. Existe-t-il, du moins, une continuité chronologique ayant fait passer de l’une à l’autre sans interruplion ?
IT. — Cette continuité n'existe pas. Les évêques claustraux de Saint-Denis avaient déjà cessé en 835, et le dernier, qui vivait encore en 838, ne fut jamais remplacé ”. C'est plus de deux siècles plus tard, en 1061, que nous trouvons la plus ancienne (race de l’autre juridiction. Ce hiatus empêche de voir dans le premier système l’origine du second : ce n’est qu'un précédent différent. Ailleurs qu'à Saint-Denis, la même coupure s’observe : les évêques claustraux disparaissent partout après 850°°, et il
16. Texte infra, p. 243; et p. 279, la liste des paroisses de la juridiction de Montivilliers aux différentes époques, où Routôt n'est pas. Routôt, qui n’est naturellement pas donné dans le pouillé de 1337 parmi les paroisses de la juridiction (Lonexon, Pouillés de la province de Rouen, p. 70), figure parmi celles dont l’abbesse à le simple patronage (ibid., p. 21 C).