‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 180 sur 342 · LA RÉSERVE DES DROITS DU PRIMAT · texte numérisé non relu

LA RÉSERVE DES DROITS DU PRIMAT

« salva primatis episcopi canonica reverentia » figurât dans le texte.

Moyennant une telle réserve, il était d’ailleurs favorable à Bury dans le conflit contre Herfast. C’est sans doute de cette époque que datent les deux lettres qu'il écrivit à Herfast. Dans la première, il lui ordonne de lever l’excommunication dont Herfast avait frappé les clercs de Bury, et il lui annonce qu'il viendra bientôt personnellement à Bury juger l'affaire au fond. Dans la seconde, il est même assez véhément : aux griefs concernant Bury s'ajoutent des griefs personnels : Herfast a publiquement bafoué l’une de ses lettres, et, d'autre part, ne mène point une vie exemplaire. Lanfranc le morigène, puis justifie, textes à l’appui**, son intervention dans un passage où sont hautement affirmées les prérogatives du primat et du métropolitain ‘’. C’est encore et toujours le même point de vue, qui est probablement l’essentiel des conceptions hiérarchiques de Lanfranc et qu'il s’appliquait à faire prévaloir en matière d’exemption.

Somme loute, Lanfranc voulait bien agir pour Bury contre Herfast, mais agir par lui-même, et l’on a déjà noté qu'il ne menace point l’évêque des foudres apostoliques auxquelles cependant la bulle d'Alexandre IT, qu'il s’abstient de citer, permettait de recourir. Une telle altitude allait le mettre en opposition avec Grégoire VII, qui, au début même de son pontificat (22 avril 1073), renforçait la centralisation ecclésiastique ®. Dès le 20 no-

65. Epist. 22, .… Lanfranci.…. opera, éd. Gires, t.1, p.44. Sur celle lettre et la suivante, cf. MACDONALD, op. cit., pp. rrg9-127, et BROOKE, 0p. cil., pp. 130-131.

66. Il cite notamment les conciles de Nicée, d’Antioche et de Tolède.

67. Epist. 26, 64. Gires, 1, pp. 47-48. M. MacpoNALp a noté avec justesse que c'est par suite d’une erreur de scribe que la lettre paraissait adressée à Herbert, qui n'est devenu évêque de Norwich qu'en 1091, deux ans après la mort de Lanfranc. Il faut restituer : Herfast (op. cit., p. r20, n. 4).

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