‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 207 sur 342 · L. — LE PoNTiIFICAT D'URBAIN IL · texte numérisé non relu

L. — LE PoNTiIFICAT D'URBAIN IL

Six mois après la mort du Conquérant, un an avant celle de Lanfranc, Urbain II était élu pape (12 mars 1088); résolu, dès le début, à reprendre sur tous les points la politique de Grégoire VIT’, quelque peu abandonnée par Victor IIT (1085-1088) °, il allait gouverner l’Église à l’une des plus grandes époques de son histoire et bientôt présider le concile de Clermont (1095), qui montra d’un jour éclatant les progrès réalisés par la papauté depuis un demi-siècle et l’accroissement de son autorité.

Cette autorité, qu'Urbain IT fit respecter avec plus d’intransigeance que Grégoire VII, il entendait en faire profiter les moines. Ancien prieur de Cluny, il proclame ceux-ci plus dignes que les clercs de remplir les fonc-

r. Il écrit aux évêques allemands, le lendemain de son élection {13 mars 1088) : « De me ita credite sicut de beatissimo Gregorio, cujus ex tolo sequi vestigia cupiens, omnia quae respuit, respuo, damnavit, damno, quae dilexit prorsus amplector » (JArFÉ, 5348, cf. Fuicme, L'Europe occidentale de 888 à 1125, p. 430). On lit, d'autre part, dans le Liber pontificalis (éd. Ducnesne, II, p. 294) : « Sex concilia celebravil.. in quibus conciliis quicquid praedecessor suus Gregorius de stabilimento aecclesiae fecerat et ipse firmavit. » |

Page 1