‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 244 sur 342 · JURIDICTION DU PRIEUR DE BELLÈME · texte numérisé non relu

JURIDICTION DU PRIEUR DE BELLÈME

En 1117, c’est avec l’archidiacre, et non plus le doyen, que les moines sont en conflit. L’archidiacre réclamait, sur le cimetière de Saint-Martin, le tiers de l’archidiaconat. Les moines prétendaient qu'ils l'avaient en entier, aussi bien sur le cimetière que sur l’église. L'évêque accorda les parties en décidant que les moines auraient tout l’archidiaconat, mais qu'ils devraient une redevance annuelle d’une livre de poivre à l’archidiacre pour le tiers réclamé par lui. En outre, ajoute le texte, les moines lui donnèrent séance tenante vingt sous, monnaie du Mans, « pour qu'il acceptât plus volontiers » — ce qui semble indiquer que la transaction ne se fit pas sans quelque difficulté de sa part

Tous ces litiges, où la juridiction seule est en cause, se résolvent sans l'intervention du pape. Aussi bien, deux chartes des seigneurs de Bellême, de 1112-1113 et 1126, font-elles une distinction très nette entre l'église Saint- Léonard, rattachée à Rome, et l’église Saint-Martin-du- Vieux-Bellème, dans la paroisse de laquelle est située la première, et qui, cependant, n’a pas de lien particulier avec le Saint-Siège”. Un nouveau conflit, qui survint en 1126 entre les moines et, celte fois-ci, l'évêque de Sées, et qui concerne le statut des deux églises, nous éclaire davantage encore.

L'évèque de Sées, Jean, qui avait succédé à Serlon deux ans plus tôt (1124), s’attaqua aux moines de Bellême de façon, semble-t-il, assez systématique, et leur

reprocha en même temps, et de ne pas rétribuer suflisamment les clercs desservant les églises de Dancé et de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême, et d’avoir usurpé l’église

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