SAINT GRÉGOIRE
cas, surtout, est digne d'intérêt. C'est à la demande de Brunehaut que le pape expédia les bulles!", et il n’est pas impossible que la reine ait voulu opposer à la formule irlandaise de liberté la formule romaine !. Celle-ci, qui restreignait beaucoup moins que l’autre les prérogatives épiscopales, était loin de donner aux abbayes d'Autun l'indépendance que saint Colomban s'était arrogée pour les siennes. Saint Grégoire limite à deux points la faveur accordée : autonomie temporelle et libre élec- Uüion de l'abbé; mais l'évêque garde la surveillance disciplinaire et le pouvoir d'ordre.
Les courants grégorien et irlandais, qui s'opposent aux environs de l'an 600, allaient, aux VII et VIII siècles, tantôt fusionner, tantôt se heurter, et le premier finit par éliminer l'autre.
On discerne, tout d'abord, et jusqu'à la fin du VII° siècle, pour les privilèges comme pour la règle ‘”, une tentative de fusion. Les chartes épiscopales d’éman- * et la formule de Marculf qui leur servait de modèle *’, trahissent le partage d'influence. Elles prennent Luxeuil comme exemple, mais se réfèrent également au concile de Carthage et à saint Augustin *. Tantôt elles suppriment le droit de surveillance disciplinaire
cipation
1857. Sur ces textes, Cf. LAUGALIN, 0p. cit., pp. 185-186; PAUL FABRE, Étude sur le « Liber Censuum », p. 85.
17. Voir la lettre du pape à Brunehaut, de novembre 602, Gregortii 1 papae registrum, XII, 5 (t. IN, pp. 371-373), JAFFÉ, 1877.
18. Quelques années plus tard (vers 609), lorsque Brunehaut et Thierry II chassent Colomban de Luxeuil, le motif invoqué est qu'il suit les usages celtiques, et Thierry II lui déclare qu'il pourra rester s'il accepte d'y renoncer; il refuse et est renvoyé (Vita Colombani, I, 19, Script. rer. mer., IV, p. 89, cf. KuRTH, Études franques, I, p. 333).
19. LEVILLAIN, Études sur l'abbaye de Saint-Denis, B.E.C., 1925, p. 77; LAUGHLIN, Op. cit., pp. 18-23.
0. On peut en dresser la liste complète d'après les références ‘données par LAUGHLIN, Op. cil., pp. 155-156. Pour tout ce paragraphe, cf. ibid., pp. 158-166.
o1. MARGuULr, I, 1 (éd. ZEUMER, pp. 39-41), cf. LEVILLAIN, Le formulaire de Marculf et la critique moderne (B.E.C., 1923, pp. 21- 91), pp. 31-40.