‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 35 sur 342 · VIII SIÈCLE · texte numérisé non relu

VIII SIÈCLE

les évêques claustraux apparaissent. Dans les chartes épiscopales de la première moitié du VII siècle, la libéralion du pouvoir d'ordre du diocésain est constante ‘!. Le mouvement qui entraînait les monastères à l’exemplion lotale était si fort que la papauté elle-même entreprit de l’accorder : les bulles de Zacharie pour Fulda (751) *?, d'Étienne IT (757) * et d'’Adrien I° (786) * pour Saint-Denis, révèlent le triomphe de l'influence irlandaise.

Contre cette influence, la Réforme carolingienne allait

30. Le premier exemple dont on soit sûr est celui de Romanus (FRANK, Op. cil., p.21), évêque irlandais (ex genere Scolorum), auquel Ansoald, évêque de Poitiers (653-697 environ), donna la direction du monastère de Mazerolles (J. Tarnir, Les chartes mérovingiennes de Noirmoutier, R.H.D., 1898, p. 755). Nous connaissons l'événement par un passage du testament d’Ansoald, de 697, publié par Tarpix, ibid., p. 780, et par Levirrain, Les origines du monastère de Nouaillé, B.E.C., 1910, pp. 280-282. On est revenu depuis bien souvent sur l'événement (voir, en dernier lieu, FRANK, op. cil., p. 211. Mais, après la mort de Romanus, Ansoald donna Mazerolles au monastère de Nouaillé, et l’épiscopat claustral ne put s'y établir, comme il devait faire à Lobbes, à partir de 697 (Waricuez, L'abbaye de Lobbes, pp. 16-29, et FRANKk, op. cil., pp. 33-38 et 97-103), à Stavelot-Malmédy, où on le trouve entre 670 environ et 520 (ibid., pp. 85-89), et, au VIII siècle, dans un plus grand nombre d'abbayes (Honau, Saint-Denis, Saint-Martin de Tours, etc.)e

3r. Voir notamment les chartes des évêques de Strasbourg, Widegern pour Murbach, de 528 (Parpessus, n° 543), et Heddo pour Arnulfsau, de 748 (Parpessus, n° 596). Il n’y a pas d'exemple de réserve au diocésain après 696 (LAUGHLIN, op. cil., p. 163, nn. 1 et 4). Ceci permet de reconnaître une part de justesse à l’opinion de Mille RogBivs BITTERMANN (art. cité supra, p. 2, n. 4) attribuant l’origine et le développement des privilèges monastiques des VIT et VIII: siècles à la désorganisation diocésaine qui, en effet, a certainement joué un rôle important à côté de l'influence irlandaise naguère trop exclusivement considérée. Mile Bittermann:va trop loin dans l’autre sens. La vérité paraît être dans un juste milieu.

Sa MAG H MepiS LE emer re ttRa TR AE DS 7AAJABRE 12209); cf. LAUGHLIN, Op. cit, p. 197, n. 2; P. FABRE, 0p. cit., pp. 87-88. La bulle exempte complètement Fulda de la juridiction de l'Ordinaire; le pape Zacharie l’a accordée sur la demande de saint Boniface, qui, Saxon d'origine, s’inspira, en cette occasion, des usages insulaires (G. Kurrw, Saint Boniface, 1902, pp. 116-117).

33. Jarré, 2331 (cf. Levircain, Études sur l’abbaye de Saint-De- TS B PAOERTO2OMDE202 025):

34. JArrÉ, 2454. M. Levicran (ibid, pp. 315-316 et 333) a démontré l'authenticité de cette bulle, contestée par Jaffé. Cf. infra, P- 119.

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