MAINARD ET LA RÉFORME DE GÉRARD DE BROIGNE
gleterre*. En 966, le duc Richard [°° plaçait Mainard à la tête du Mont-Saint-Michel®, voulant que ’esprit nouveau gagnât les confins du duché’. Il ne pouvait indiquer plus nettement toute l'importance qu'il accordait
au monachisme.
Est-ce à dire que nous allons déjà rencontrer l’exemption ? Pas encore. L'un des traits de la réforme de Gérard
5. La réforme anglaise fut particulièrement active sous le règne d'Edgar (959-975). Saint Dunstan y joua un rôle de premier plan ; abbé de Glastonbury dès 94o, il avait déjà entrepris de réformer son monastère, mais fut exilé, en 956, par le roi Edwig (956-959), et fit un long séjour à Saint-Pierre de Gand et à Fleury-sur-Loire. Revenu en Angleterre, il devint archevêque de Canterbury (959- 988) ; poussé par Edgar et secondé par Oswald (évêque de Worcester, puis archevêque d’York) et par Ethelwold (abbé d’Abingdon, puis évêque de Winchester en 963), il uniformisa l’observance des monastères et propagea la « Concordia regularis », coutumier monastique rédigé, sous son inspiration, avec le concours des moines de Gand et de Fleury. Cf. RoBinson (The times of St Dunstan, Oxford, 1923), et Srurss (Hist. constitutionnelle, T, pp. 296-300), qui a publié les textes relatifs à Dunstan (Memorials of Saint Dunstan, Rolls series, t. LXIIT, 1874) ; sur la Concordia regularis, outre Robinson (op. cit., pp. 143-158), voir DE VALous, op. cil., 1, p.18; voir aussi STENTON, The early history of the abbey of Abingdon, Oxford, 1913, qui a montré le rôle capital joué par Ethelwold dans l'élaboration et la diffusion de la Concordia regularis.
6. Lor, Études critiques sur l’abbaye de Saint-Wandrille, p. xLv; PRENTOUT, 0p. cil., p. 403.
7. SacKUR (Die Cluniacenser, t. II, p.44) a même conjecturé, sans preuves suffisantes, que Richard I° aurait eu l'intention de placer toutes les abbayes normandes sous le gouvernement de Mainard; Prentout en a douté (op. cit., p. 403, n. 3), et il y a lieu de rejeter cette hypothèse qui repose sur le fait inexact que Mainard aurait été abbé de Saint-Ouen (Orpb. Vrrau, IE, 1, éd. Le PrévosT, IT, 9, est invoqué à tort par SackuR, ibid., n. 2, et ROBERT DE ToriGNt, dans la liste qu'il donne des abbés de Saint-Ouen, De imm. ordinis monachorum, 64. Deuisie, Il, p. 193, ne cite pas Mainard). D'autre part, Mainard, une fois devenu abbé du Mont- Saint-Michel, cessa d’être abbé de Saint-Wandrille, où sa réforme périclita (Lor, Études critiques…., p. x1v, et G. Ch., XI, 176), ce qui serait incompatible avec la conjecture de Sackur. Cf. note suivante.
8. C'est à la réforme de Mainard qu'il faut rattacher la restauration de l'abbaye Saint-Ouen de Rouen, qui eut lieu sous Richard 1 (Dupon, éd. LaiR, p. 290; Guis. pe Jumièces, IV, r9, éd. Marx, p. 69; Rosert ne ToriGnr, Chronique, 64. Denise, I, 29). Le premier abbé fut Hildebert (R. pe Torient, De imm. ordinis monachorum, éd. Derisce, IT, 193), qui mourut en 1006 (Ann. du Mont-Saint-Michel, éd. Denise, ibid., I, 219, etc...).