‹ Étude sur les torrents des HautesAlpesChapitre 23 sur 59 · ÉTAT ACTUEL DES ROUTE* TRAVERSÉE* PAR LE* TOR11RTS · texte numérisé non relu

ÉTAT ACTUEL DES ROUTE* TRAVERSÉE* PAR LE* TOR11RTS

On a déjà une idée des obstacles que les torrents opposent à l'etablissement des routes et des ponts. Jusqu'à ce jour, on a fait peu d’efforts pour les surmonter. La plupart des torrents passent surles routes à ciel ouvert, et les coupent tantôt en un point , tantôt en un autre... — Je vais décrire l'état présent des choses, mais en avertissant d’avance que cet état est très-déplorable, et qu'il ne peut pas établir de règle pour l’avenir.

Les routes suivent généralement ici le fond des vallées, et s’élèvent, le moins possible, sur les revers des montagnes. 11 suit de là qu'elles rencontrent presque toujours les torrents dans la partie où ils étalent leurs cônes de déjection. Ce cas, qui est le plus général, est aussi le seul qui mérite d'être considéré ; car, lorsqu'une route traverse un torrent dans la partie où il est encaissé , elle se trouve dans les circonstances ordinaires, et ne présente plus rieu qui soit digne d’être signalé.

Les routes étant ainsi jetées en travers des lits de déjection , considérons

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DES TORRENTS

d'abord le cas où l’on a eu recours à tous les moyens en usage pour mettre la voie le plus complètement possible à l'abri du torrent. — Dans ce cas , il a fallu, avant tout le reste, songer à l'établissement d'un pont. Lagroude difficulté estalors de forcer les eau* à passer entre les culées, et de les y maintenir d'une façon invariable. On y est parvenu à l'aide de digues.

Ces digues sont de plusieurs sortes. — Tantôt elles consistent en deux digues continues qui sont adossées aux deux culées du pont, et qui remontent vers l'amont, en s évasant jusqu'à ce qu’elles rencontrent des berges dans lesquelles on les enracine solidement. Elles figurent de véritables murs en aile, très-prolongcs,qui rassemblent les eaux et les amènent sous le pont (i). Ce système est le plus sur, mais il est aussi le plus dispendieux. — D'autres fois , au lieu de digues continues , on a construit des épis échelonnés à droite et à gauche du lit qu’on veut donner au torrent. Ils se renvoient le courant, qui est jeté de réflexion en réflexion jusque sous le pont (a). — D'autres fois, on se contente de jeter une seule digue continue de l'une des culées jusqu'à la rencontre des berges. On compte alors sur l'effet que j’ai décrit dans le chapitre XII , *fest -à-dire que la digue fixera le courant, et suffira, à elle seule, pour l'empêcher de divaguer et pour l’attirer sous l’arche (3).

Tels sont les artifices à l’aide desquels on assure le passage des eaux sous les ponts : mais comme ils entraînent dans de grandes dépenses, ou a toujours cherché à les simplifier autant que possible, et dans un grand nombre de cas on a pu s’en passer, sans qu’il en résultât des inconvénients. — Beaucoup de ponts ont etc jetés au milieu du lit comme au hasard, sans d'autre ouvrage accessoire que la route elle-même, qui forme un véritable barrage, dont l’ouverture du pont figure le pertuis (4). Ces ponts ont réussi : ils ont déterminé le courant à se creuser un lit qui est demeuré invariable. — Cet effet s'est même présenté sur des traversées où le sol de la route était au niveau du lit, où celui-ci était convexe et dénué de berges, et où, par conséquent, la route ne pouvait faire office de barroge(5).

(I) Pont do Vivas t sur Je torrent de Briançon,

(il) Pont de Sigouste ; — pont de Rousine \ — pont de Labeoui.

(3) Pont de Boscodon.

(4) Pont de Braroafan ; — pont de Conteaud , — pont de Rabioux. (5; Pont de Sachat ; — pont de Lafare.

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