Pline, ep, ï, 5, 8 et
t. Gomp. Henzen, Annali, 1862, p. 146; il arrive sur la chronologie à des résultats analogues; quant à la guerre des Suèves sous Nerva, qu*on a voulu à tort rapporter à cette date, voy. Append. B. Il n*estpas impossible de placer sous Domitien la légation de Spurinna, mais ce n*est pas probable ; de môme Trajan n'a pas été nommé légat de Germanie Supérieure comme on l'admet souvent, par Domitien, mais bien par Nerva {Paneg. 9 ; 94). — Du reste aucun homme de cette époque n'a plus de titres que Spurinna à être reconnu pour le second collègue de Trajan en l'an 100 ; en efifet, de môme que le premier collègue de celuici (Sex. Iulius FroT/Uinus), lequel, comme le rapporte notre auteur sans le nommer, reçut de Nerva son second consulat, et devint en l'an 100 consul pour la troisième fois {Paneg. 61). Il va de soi que Spurinna dut être consul avant d*obtenir la légation de Germanie Inférieure, c'est-àrdire sous Domitien et il est à peu près certain que, suivant l'usage adopté généralement, surtout à cette époque , il dut, après de pareils succès, recevoir de nouveau le consulat à son retour; ilest également certain qu'il ne mourut qu'après Tan 100 (voy. plus haut, p. 6). Si le second
«— D'autres faits mentionnés dans ce livre, par exemple les débuts à Rome du rhéteur Isaeus (lettre 8), qui n'est d'aillem^ pas inconnu, sont fixés chronologiquement par ce que nous venons de dire, mais ne nous apportent pas de renseignements utiles pour Tobjet de nos recherches.
lÀxiTe III.
Le troisième livre est de Tan 101, peut-être en partie de 102. Les deux lettres 13 et 18 accompagnaient l'envoi à Yoconius Rufiis et à Curius Severus du discours remanié et augmenté^ que Pline avait prononcé peu de temps auparavant,'le 1®' septembre de l'an 100, pour remercier l'empereur du consulat qu'il lui avait conféré {Panégyrique de Trajan). Ces deux lettres sont donc incontestablement de 101. — On peut déterminer avec une exactitude encore plus grande la date des lettres 5 et 9 relatives au procès de Qassicus; elles doivent avoir été écrites dans lautomne de l'an 101 . Il en est de même des deux lettres 8 et 9 de la correspondance avec Trajan ; elles sont antérieures de peu de temps à la lettre 5 du recueil principal, qui est du mois d'août de la même année. Cependant cette détermination demande à être justifiée *. Pline a porté la parole dans cinq procès devant
collègue de Trajan, qui n*eBt pas nommé, est compté {Paneg. 61) parmi les in iogdmeriU, cela convient à Spurinna que nous connaissons par Pline comme poëte, au moins aussi bien qu*à Frontinus; sa promenade militaire sur le Rhin et la statue triomphale qui lui fut élevée n'empêchent pas que Texpression de Pline citée plus haut ne lui soit applicable. Nous connaissons les personnages importants de cette époque, beaucoup mieux que Tenchaliiement des faits, et parmi ces personnages, on pourrait à peine en trouver un autre contre lequel ne s'élèvent pas des arguments décisifs, tandis que tout parle en faveur de Spurinna. Ainsi sa désignation pour un second consulat tomberait sur Tannée 98, dans le courant de laquelle il serait revenu de la Germanie Inférieure à Rome.
1. Parmi les additions faites alors il faut compter sans doute la prédiction, conçue en termes si colorés, d'un triomphe prochain (cf. î 16 et suiv.): accipiet aliquando CapUoUum non mimicos currus nec faUae j<mi»- Utcra vidoriae,,, videor iam cemere.., tHumphum,,, videor irUuerU,. ipswm ie suàlimmn inskmtemque curru. En septembre 100, lorsque Trajan revint des bords du Rhin et du Danube, sans avoir fait la guerre, cette digression oratoire n'était guère à sa place; mais elle était très-naturelle l'année suivante, où commença la guerre de Dacie, et où Trajan retourna sur les bords du Danube, cette fois pour se battre.
2. Masson {ad ann. 99 | 7-9) place, par erreur, le procès de Glassicus en 99, avant celui de Priscus.
le Sénat : pour les habitants (Je la Bétique contre le procurateur Baebius Massa ; pour les AMcains contre le proconsul Marins Priscus ; pour les habitants de la Bétique contre le proconsul Caecilius Classicus; contre les Bithyniens pour le proconsul Julius Bassus, enân contre les mêmes pour le proconsul Yarenus Rufus. Ces cinq discours sont énumérés par lui-même livre VI, lettre 29. Le premier fut prononcé du vivant de Domitien ; l'accusation existait déjà en août 93, à la mort d*Âgricola ^ Pline soutint les deux accusations suivantes pendant qu'il était préfet de Yaerarium Saturni^; l'accusation contre Priscus indubitablement en 99, puisque le Sénat rendit la sentence définitive en janvier de Tan 100. Ce fut plus tard seulement que la cause de la Bétique contre Classicus lui fut confiée; cela résulte d'abord d'une aflusion formelle à l'afiaire de Priscus , qui se trouve dans le récit du procès de Classicus, lequel venait de recevoir une solution ^, ensuite de ce que Pline mentionne ce procès comme étant la troisième des afiaires dans lesquelles il avait plaidé, en exprimant l'espoir qu'il pourrait à l'avenir se récuser* ; enfin, ce qui est plus décisif encore, nous voyons Pline, sollicité par le Sénat de plaider pour les habitants de la Bétique contre Priscus, écrire à l'empereur que, depuis qu'il administre le trésor de l'État, il a cru convenable de s'abstenir de tout plaidoyer {advocationes) , mais que, dans ce cas, il ne pense pas pouvoir se refuser à la demande du Sénat ; et l'empereur lui donne son ap-
1. Tacite, Àgric. 45 .* et Massa Bacbim iam tum reus erat; ce fait est mentionné parmi les choses qui consolaient alors le patriote et faisaient apparaître cette époque comme heureuse en comparaison des dernières années de Domitien. Massa était un accusateur de profession, un instrument souvent employé par Domitien (Tacite, Hist. 4, 50; Juvenal, I, 35) ; aussi comprend-on que sa condamnation passa pour un grand succès aux yeux de l'opposition. Tacite, dans son Agricola^ indique que le procès avait duré longtemps* et c'est ce que prouve aussi la sentence intermédiaire sur VinquisiUo, dont Pline fait mention (ep, VI, 29, 8). Du restei il en parle aussi III, 4 et VU, 23.
2. C'est ce que prouvent, pour le procès de Priscus, la lettre ad Traian. 3, et pour celui de Classicus, la lettre III, 4.
3. III, 9, 4 : Marium una cwUas multiqibe privaU reum peregerunt, en Ckuskum tota provincia incabuit. Si les procès de Massa et de Classicus sont cités avant celui de Priscus (VI, 29), cela ne prouve rien pour la chronologie, car il était naturel de rapprocher les deux procès concernant la Bétique. Gomp. aussi Paneg. 95, où l'auteur a en vue les procès de Massa et de Priscus.
4. III, 4, 8 : CamptUabam, si munere hoc iam tertio ffmgererp facUiorem mihi excusationem fore.
probation. H est donc tout à fait évident qu'on ne peut admettre l'antériorité du procès de Classicus et que Pline n'a pas pu se charger en 99 de soutenir l'accusation contre ce dernier. Mais il n'a pu davantage le faire en l'an 100, car nous savons qu'au moment où il accepta TafiOaire il était en villégiature en Etrurie pendant le mois de septembre^. Or, au mois de septembre de l'an 100, il était consul en fonctions à Rome, et, le 18, il y célébra l'anniversaire de l'empereur. Il ne nous reste donc qu'à fixer à l'automne de Tan 101 les débuts de ce procès et à prolonger jusqu'à cette date la durée de la préfecture de Pline ; et en effet dans le troisième livre des lettres, il se désigne encore lui-même comme exerçant des fonctions publiques^. — Enfin la huitième lettre, adressée à Suétone, annonce à ce dernier que rien n'empêche de transférer à un de ses parents le tribunat militaire que Neratius Marcellus avait obtenu pour lui ; et la date de ce feit peut être assez exactement déterminée à l'aide d'un diplôme militaire^, où l'on voit queL. Neratius Marcellus était gouverneur de Bretagne le 19 janvier 103. Mais il ne faut pas perdre de vue que les privilèges mentionnés dans ce diplôme ont pu être accordés à la fin du gouvernement de Marcellus, tandis que la collation des grades militaires dans son armée eut lieu selon toute vraisemblance aux débuts de ce gouvernement, et même avant que MarceUus ne partît de Rome^. Or, la durée de la légation de Bretagne étant ordinairement de trois ans^, cette lettre peut très-bien dater de l'an 101.
Cela nous fournit des renseignements utiles pour la biographie de divers personnages ; d'abord sur Suétone : nous y voyons en effet qu'en 101 il avait l'âge auquel les personnages appartenant à l'ordre équestre recevaient ordinairement le tribunat militaire . En admettant que cet âge fiit celui de25ans environ ^,