‹ Étude sur Pline le JeuneChapitre 58 sur 87 · Berivhte der Sœchs. Gesellsch, 1852, pages 226 et suiv · texte numérisé non relu

Berivhte der Sœchs. Gesellsch, 1852, pages 226 et suiv

3. Pline qui, à part l'inévitable tribunat militaire, n'a rempli de fonctions que dans la capitale, et qui, comme avocat, avait des raisons de refuser des postes en province et même en Italie, fut peut-être chargé contre son gré du gouvernement de Bithynie ; ceci établirait un parallèle de plus entre lui et Cicéron. Mais on ne peut admettre que ce fût comme compensation de sa « Gilicie » qu'on lui donna six licteurs ; et ce serait faire injure à Trajan que de croire qu'il ait jamais tenu compte de semblables dispositions d'esprit chez ses fonctionnaires.

legdtus pro praetore, avait néanmoins les six faisceaux, la désignation convenable en pareil cas était bien celle de fegatus pro praetoreconsulari potestate^j alors même qu'à l'augmentation des insignes ne se fut pas rattachée une augmentation réelle de compétence, ce qu'il serait-aussi difficile d'établir que de nier.

Quant à la durée de la légation de Pline en Bithynie, nous savons seulement qu'elle fut de plus d'un an. Les dernières lettres ne contiennent même aucun indice d'un retour prochain, et pourtant le départ subit de sa femme, qui l'avait accompagné', lui fournissait une occasion toute naturelle d'en parler. Si l'on considère, en outre, que ces légations impériales , quoique conférées pour un temps indéterminé, duraient, dans la règle, plus d'une année, et souvent jusqu'à trois ans, il devient probable que Pline est resté dans sa province un peu au-delà du printemps de 112 ou de 113 (époque où s'arrête la correspondance), ou que du moins il devait y séjourner plus longtemps.

§ XII. Mort de Pline.

Nos renseignements sur la vie de Pline s'arrêtent avec sa correspondance ; ils ne vont pas même jusqu'à son départ de la province et à son retour à Rome. D'après le caractère même de ses lettres, il semble qu'on aurait dû y trouver, comme nous l'avons dit, quelques indications sur ses intentions et ses préparatife de retour. Il faut donc admettre, ou bien que la fin de notre recueil manque, ou bien que Pline l'a publié pendant sa légation de Bithynie, ou bien encore que la mort le surprit pendant sa légation, loin de Rome, et que ces lettres, préparées peut-être par lui pour la publication, n'ont été mises au jour qu'après sa mort, par ses amis.

Ce qui est certain, c'est qu'après sa légation il n'a rempli aucune autre charge, puisque l'inscription rédigée après sa mort mentionne cette charge en dernier lieu. Il est donc probable qu'il

1. Si Domitien honorem praeiurae Urhanae consulari poiestate suscepit (Suétone, Dom. I ; Tacite, Hist. iV, 3), cela veut sans doute dire que, comme fils d'empereur et quoiqu'il ne fut que praetor urbanus, il avait cependant douze faisceaux. La contradiction de forme qui se trouve dans un titre pareil n'était plus choquante à cette époque, où l'empereur lui-même prend le consulat à côté de son pouvoir proconsulaire.

2. C'était alors permis (Marquardt, Rcemische Alterthilmer^ 111, 1, 285).

mourut avant Tan 114, par conséquent dans sa province ou peu après son retour *.

§ XIII. Affaires municipales.

Quoique les relations que Pline entretint avec Côme, sa ville natale, et avec d'autres communes, ne soient pas d'une grande importance au point de vue chronologique, il ne sera pas inutile d'y jeter un coup-d'œil en terminant.

Pline ne parle d'aucune fonction municipale ou sacerdotale qu'il aurait remplie dans sa patrie. Cependant, dans l'inscription que lui consacra à Côme la commune de Vercellae (appendice A) , il est appelé flamen divi Titi Augustin et ce sacerdoce, qui n'est pas mentionné à côté de l'augurât, mais bien en dehors de toutes les charges publiques, ne peut être que municipal. Ajoutons qu'en général les sacerdoces de Rome relatifs au culte des divi étaient des sodalitates^, et que le titre de flamine, qui se rencontre, rarement il est vrai, parmi eux, a régulièrement pour complément un adjectif ^, tandis que la spécification par un génitif, comme nous la trouvons ici, prédomine dans les municipes. Il n'est pas non plus étonnant que Pline ait accepté un sacerdoce pareil dans sa ville natale ; nous trouvons -en effet, à Côme même, le père de son beau-père, Calpurnius Fabatus, avec le titre de flamen divi Augusti (appendice A) ; et un autre personnage considérable de rang équestre , avec celui de flamen divi Titi Augusti Vespasiani*. On peut donc admettre, non

1. Les titres de Tempereur dans l'inscription érigée après la mort de Pline sont ceux qui eurent cours (p. 28) jusqu'à Fan tl3 inclusivement. Parfois, dans les inscripjtions, ces titres se conforment à l'usage de l'époque à laquelle a trait le fait mentionné dans le texte, mais plus généralement à l'usage suivi à l'époque de l'érection. On en a de nombreux exemples; ainsi, à propos de décorations, l'empereur qui les décerne est quelquefois appelé divus. Un exemple frappant de cette prolepsis est l'inscr. Henzen 6770, où I^erva, dans son second consulat, qui date du règne de Domitien, est appelé imperator. Saint Jérôme fait mention de Pline à l'année d'^&r. 2124 (ms. de Saint-Amand 2125 = 108, ou 109 p. Chr.) : Plinms Securuitts.., insignis habeiur; ce qui est de peu d'importance.

2. Nerva et Trajan font exception : ils avaient des flamines (Pline, panég. II ; Orelli 3135 : flamen Ulpialis), mais on ne leur trouve pas de sodales ; le passage cité de Pline montre que Nerva du moins, n'en avait pas.

3. Flamen Iulianus, Augustaiis, Claudialis, Ulpialis, Commodianus

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