‹ Étude sur Quince CurceChapitre 169 sur 398 · J. Leclerc, Bibliothèque choisie, t. III, page 171, sqq · texte numérisé non relu

J. Leclerc, Bibliothèque choisie, t. III, page 171, sqq

Perizonius ni Leclerc n'avaient convaincu leurs contemporains; RoUin * trouvait Quinte Curce « recoramandable », Sartorius * éprouvait le besoin de reprendre l'œuvre de Perizoniuset de faire l'apologie de notre historien.

La tentative de Sartorius n'eut pas un meilleur succès que les tentatives du même genre. Elle a été la dernière. Depuis lors Quinte Curce n'a plus trouvé que des détracteurs. Sainte-Croix, qui le ménage encore un peu, dit que « ce n'est pas un histo- « rien aussi méprisable que quelques critiques ont cherché à le « persuader ^ ». La concession est mince et l'éloge est médiocre. Les successeurs de Sainte-Croix n'ont cependant pas même été aussi indulgents, et il n'en est pas un qui n'ait jeté sa pierre à l'historien d'Alexandre ; l'un deux, qui les personnifie, a même adopté de tous points l'opinion du régent de Gui Patin, et -de par lui Quinte Curce devrait dorénavant prendre place parmi les romanciers de l'antiquité *. Les historiens et les géographes les plus récents ^ le tiennent en médiocre estime.

Malgré ces attaques, Quinte Curce n'a pas cessé d'être mis à contribution par tous les historiens qui se sont occupés d'Alexandre. Ce fait ne laisse pas que d'être assez singulier, et cela tient peut-être à ce que son ouvrage n'est pas aussi mauvais qu'on veut bien le dire aujourd'hui.

II. — Quinte Curce avait sous la main des documents nombreux, exacts, précis, il les a connus et il en a profité; il connaissait aussi des ouvrages plus attrayants, mais moins sûrs, il les a utilisés; il ne s'est pas montré assez défiant, et, trompé par les auteurs qu'il lisait, il a commis plus d'une erreur soit géographique, soit historique.

i. RoLLLN, Histoire ancienne, Eslienne, Paris, 1723, t. VI ; avant-propos, pages 5-6.

2. Sartorius, Curtius Rufus a quorumdam reprehensionibus defenstis, Erlangen, 1773.

3. Salnte-Croix, Op. /., page 111. — Le.maire, dans son édition (t. III, page 23o, sqq.), et J. Rooke [Arrian's Ilistory of Alexander's expédition...., Londres, 1814, t. I, préface) ont reproduit les critiques de Leclerc; Rooke a insisté [Op. L, t. II, page 191, note 1) sur ce qu'il appelle « l'aveuglement de Quinte Curce ».

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