Strahon, I, page
12. Quinte Curce, L. L, dit : vulgo ignota. Cf. Sainte-Croix, Op. l., page 412.
13. Vincent, Périple de Néarque, Op. L, traduction, t. I, page 324. M. Quinte Curce, VII, v, 3.
LA CRITIQUE DANS QUINTE CURCE i93
ei du Paropamise ' ne sont pas plus justifiées. Ces descriptions sont parfaitement exactes si on les considère comme s'appliquant seulement à l'époque où Alexandre traversait ces pays. Les récits des voyageurs modernes l'attestent *,
Ces récits réhabilitent sur bien d'autres points Quinte Curce ou les auteurs dont il s'est servi. En les lisant, on constate que ces renseignements étaient infiniment plus précis et plus vrais qu'on ne l'avait cru pendant longtemps. Pas n'est besoin pour s'en convaincre de reprendre un à un tous les détails de cette histoire ; il suffira de rapprocher des relations modernes quelques récits ou quelques descriptions de Quinte Curce : il faut citer avant tout le naufrage des Macédoniens à l'embouchure de i'Indus ^, la topographie d'Arbèles ^, la marche d'Alexandre après la bataille d'Arbèles ^, certaines particularités relatives à la mer Caspienne ^, la fraîcheur des eaux de I'Indus ', la marche vers la Bactriane *, Mennis et les sources de bitume '.
La justification ne saurait toujours être aussi complète, et sou-
\ . Quinte Cl'rce, VII, m, 6, sqq.
2. Cf., pour la Sogdiane, Quinte Curce, VII, v, 3, sqq., et G. de Meyen- DORFF, Voyage d'Orenhourg à Boukhara..., Paris, 1826, page 106. — N. Mou- RAViEV, Voyage en Turcomanie..., Paris, 1823, page 232. — Buknes, Travels into Bokhara..., Londres, 1834, t. I, pages 246, 247, 248, 2ol, 232; t. II, page 16. — Cf., pour le Paropamise, Qui.nte Curce, VII, m, 6, sqq., et Baber, Mémoires, traduits par A. Pavet de Courteille, Paris, Maisonneuve, 1&71, t. I, page 281, sqq.
3. Quinte Curce, IX, ix, 9, sqq. — Cf. Burnes, Travels, Op. /., t. III, pages 12, 13, 241.
4. QntîTE Curce, IV, ix, 10. — Cf. J. Kinneir, Journeij through Asia Minor...., Londres, 1818, page 461. — J.. Rich, Narrative of a résidence in Koordistan, Londres, 1836, t. II, page 23. — Tu. Zolling, Op. L, p. 21, sqq.
3. Quinte Curce, V, i, 10, sqq. — Cf. Olivier, Voyage dans Vempire ottoman, Paris, an IX (1801), t. II, pages 690, 91. — J. Rich, Memoir on the ruines of Ba/ji/lon, Lond., 1839, page 43. — Ker Porter, Travels in Georgia..., Londres, 1822, t. II, pages 238, 403, sqq.
6. Quinte Curce, VI, iv, 18. — Cf. Truiuiier, Mémoire descriptif... (Bulletin de la Société de Géographie, t. II, sér. ix, Paris, 1838), page 112.
7. Quinte Curce, VIII, ix, 4. — Cf. Burnes, Travels..., Op. L, t. I, pages 74, 77, 79^
8. Quinte Curce, VIII, ii, 33, sqq. — Cf. Baber, Mémoires, Op. L, t. I, page 175, sqq.
9. Quinte Curce, V, i, 16. — Cf. H. Petermann {Reisen im Orient, Leipzig, 1860). Cf. encore QuiîfTE Curce, VIII, xn, 13, et A. Cunningham, Arclueological Siirvey of India, Simla, 1871, t. II, pages 6 et 7. — J. Mutzelu, Raven [Op. L, passim) et Lemaire [Op. L, t. III, page 291, sqq.) ont établi l'exactitude de Quinte Curce par des rapprochements trop nombreux pour que nous puissions les reproduire ici.
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vent, pour admettre ou rejeter tel ou tel fait avancé par Quinte Curce, les critiques en sont réduits à s'appuj-er sur des raisons purement subjectives. D'ordin lire ils se montrent fort sévères, et c'est avec regret qu'ils se décident à compléter * le récit un peu sec d'Arrien à l'aide de documents empruntés à Quinte Curcc, cet écrivain si décrié et pourtant si utile.
Cette sévérité ne s'explique guère. Quinte Curce n'est pas une exception parmi les historiens anciens, et il n'est pas le seul qui ait si malencontreusement uni la vérité et l'erreur. Artémidore croyait que la mer Caspienne était voisine de TOcéaii et que les Caspiens étaient limitrophes de la Perse ^ P. Mêla raconte " que Métellus Celer avait vu des Indiens qui prétendaient être venus en Germanie par l'océan Indien; Posidonius ^, Ammien Marcellin ^, Arnobe % Tertullien ' ont cru à l'existence de l'Atlantide; Tacite % Pline. l'Ancien ^, Tite-Live ^^, Arrien luimême ^^ ont commis plus d'une erreur grave.
S'esl-on cru autorisé par ces défaillances à refuser à ces écrivains toute autorité, à leur emprunter arbitrairement certains faits et à en négliger d'autres, sans raison déterminante, comme on l'a fait pour Quinte Curce ^-? Non. Pourquoi donc ne pas en user de même avec lui et ne pas admettre « que pour des « événements reculés il n'y a pas de démonstrations géométri- « ques, qu'à défaut de certitude l'historien doit se contenter de « vraisemblances, et tenir un événement pour vrai quand il « n'est pas absurde et que le témoin a pu en être informé '^? »
1. Cf. Tir. ZoLLiNG, Op. L, pages 54, 30, 60, et J. G. Droyse.\, Op. /.. 1. 1, page 2oS, n» 1, page 212, n» 3, page 326.