QuiATE Curce, VIII, vu; Arrien, Anabase, IV, xiv
6. Quinte Curce, IX, vi, 3 ; Arrie.v, Anabase, VI, xui, 4. — Cf. en général
Les discours que Quinte Curce prête à ses personnages ne sont pas des hors-d'œuvre, le fond en est d'une exactitude historique suffisante; comment l'orateur, qui se trouve en notre historien, a-t-il su tirer parti des matériaux qu'il avait sous la main, des situations qui lui étaient fournies?
La tâche qu'il s'était imposée de faire parler des personnages si dilTérents, dans des circonstances si diverses, n'était pas facile à mener à hien. Les modèles vivants manquaient; le forum ne retentissait plus de ces procès gigantesques dans lesquels un Cicéron accusait un Verres ou un Catilina; le barreau lui-même était délaissé; l'éloquence était pacifiée comme tout le reste; elle n'osait plus sortir de ces salles de déclamation qui semblaient la contenir tout entière et hors desquelles un Porcins Latro, malgré son talent, restait immobile et muet '. L'orateur, n'ayant plus de causes véritables à traiter sérieusement devant un auditoire qui s'intéressât à sa victoire ou à sa défaite, visait moins à l'utilité qu'à la parade -; il cherchait moins à mettre en lumière les arguments les plus topiques qu'à faire montre de son talent ' ; il s'efforçait moins de convaincre que de plaire *. Le sujet n'étant plus qu'un prétexte pour lui, il s'attachait de préférence à flatter le goût de son public, à étaler son habileté, à vaincre les difficultés, à trouver des expressions heureuses, des mots lumineux ^, des pensées ingénieuses, de ces formules sentencieuses, graves "^ ou mignardes, de ces pointes jetées à la fin d'un développement, comme la flèche du Parthe % de ces mièvreries auxquelles se pâmaient ses contemporains désabusés et blasés *.
Quinte Curce ne pouvait guère se soustraire à l'influence si puissante du milieu dans lequel il vivait.
La première difficulté à laquelle vient se heurter un orateur
Grote, Histoire qrecque, trad. franc., t. XVIII, page 24o, n. 2. — J. G. Droysen, Op. /., t. I, page 491, appendice I, page IGO, sqq. — Bcb.nes, Trnvels inlo Bokhara, Op. L, t. II. page 211. — ^Iorier, Scconil journeij in Persia. Op. /., page 282.