SÉ.NÈQUE, Consolatio ad Marc
pas d'épouser des philosophes i; le peuple lui-même n'ignorait pas les philosophes, puisqu'il se moquait d'eux -.
Avec la philosophie, le coût de la morale s'était répandu; il s'était glissé jusque dans les esprits qui paraissaient le moins faits pour le ressentir ^ Ce Trimalcion, qui ordonne de graver sur son tombeau qu'il « n'assista jamais aux leçons des philosophes » *, admet l'égalité du citoyen et de l'esclave % il fait apporter, dans la salle à manger où il trône, un squelette pour rappeler à ses invités la fragilité humaine*' ; il moralise à propos de tout, à propos de l'instabilité de la fortune ", du luxe contemporain ^ du vin qu'il boit ^
Les leçons des philosophes suivies avec tant d'ardeur *°, leurs écrits si nombreux ** ne pouvaient rester sans influence sur la littérature. Virgile *', Horace, L. Varius, Ovide avaient reçu une forte éducation philosophique dont la trace se retrouve dans leurs ouvrages; Asinius Pollion, Tite-Live avaient composé des ouvrages philosophiques **; Properce se promettait de se consacrer quelque jour tout entier à la philosophie **; Lucain, Manilius, Perse portent profondément empreinte la marque de l'influence des philosophes. Ceux même qui ne se laissèrent pas entraîner par ce mouvement qui emportait tout le monde cédèrent à la mode en un point; ils s'abandonnèrent au plaisir d'orner leurs œuvres de maximes de morale, et, s'il faut en croire Quintilien *^, d'accord en cela avec Pétrone, ils s'y aban-