‹ Étude sur Quince CurceChapitre 247 sur 398 · QuhNTE Curce, VIII, ii · texte numérisé non relu

QuhNTE Curce, VIII, ii

« réflexion lui suggérait l'une après l'autre, comme il arrive « lorsque nos idées nous déplaisent à mesure qu'elles nous « viennent ^. »

Cette préoccupation des analyses psychologiques ne rend pas Quinte Curce impassible; il prend sa part des malheurs qui lui semblent immérités; il admire la fidélité inébranlable des sujets et des mercenaires de Darius; il s'enthousiasme au récit qu'il fait des actions courageuses; il triomphe des victoires remportées par ses héros, il compatit à leurs défaites.

Le moraliste a sans doute peu de chose à voir dans cette intervention passionnée de l'auteur, en revanche il se montre sans détour en mainte autre circonstance, quand il flétrit la basse flatterie des courtisans *, témoigne d'une horreur profonde pour les passions, les condamne impitoyablement', exprinne sa croyance à la vengeance divine *, ou stigmatise avec énergie la dépravation des Macédoniens ^. C'est encore le moraliste qui, non sans faire tort à l'historien, a soigneusement supprimé tous les détails qui auraient pu choquer les oreilles chastes ^, ou s'est timidement excusé, si parfois il a dû écrire un mot inconvenant, toucher à un sujet un peu léger ^: c'est le moraliste enfin qui, dans le récit de la mort de Glitus *, a probablement décidé l'historien à s'écarter de la tradition commune. Tous les historiens racontent qu'Alexandre assassina Clitus au milieu du festin et donnent ainsi au meurtre l'excuse de l'emportement. Quinte Curce met quelque intervalle entre les deux actes du drame; commis de sang-froid, le crime inspirera plus d'horreur, lui semble-t-il, et fera mieux comprendre la profonde corruption de l'âme d'Alexandre. Dans tous les exemples que l'on vient de citer, l'intention morale est on ne peut plus évidente; l'analyse

1. Qlkme CtncE, VI, VI, 27. — Cf. Qitvte Curck, VI, ii, 15; VIII, xiv, 20, 24; XIII, 13.

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