Aulu-Gelle, Nuits attiques, X, sxiv
o. Dion Cassius, LVII, 17. — Suétone, Tibôre, 71.
6. -M. W. IIeffteb, die Geschichte der lateinischen Sprache, Brandenburg, J. Wiesike, 1832, appendice, page 36.
7. Aulu-Gelle, I, ii. — Les empereurs, après Tibère, furent grécomanes aussi. — Cf. Aulu-Gelle, XV, vu, 3. — Suétone, Xéron, 12, 33, 38, 44; Vespasien, 23; Othon, 7; Djmitien, 4, 10, 12, 18. Et en général Juvénal, Satires, III, 60, 73, sqq.
8. On enseignait souvent aux jeunes Romains le grec avant le latin; cela ne laissait pas que d'avoir de graves inconvénients; Quintilien le dit nettement, de Institutione oratorio, I, i, 12, sqq. — Sur l'hellénisme ;ï Rome, cf. Quintilien, IX, m, 17; H. Gcelzer, Étude de la latinité de saint Jérôme, Paris, Hachclte, 1884, page 221, sqq., et A. Saalfeld, Op. l.
f< rement en deux parties : lart de parler correctement et l'ex- « plication des poètes *. » Or, on le sait, l'enseignement de la grammaire à Rome avait une toute autre étendue que chez nous : il formait, avec l'enseignement de quelques sciences accessoires, ce que les Grecs appelaient « ÈyxyxAw; -aweta * » ; il occupait le» enfants jusqu'au moment où ils passaient sous la direction des rhéteurs, c'est-à-dire jusqu'à l'adolescence.
Ainsi, pendant un laps de temps correspondant à celui que nous consacrons à l'enseignement secondaire, les jeunes Romains lisaient, commentaient, apprenaient par cœur les œuvres des poètes. Homère était mis dans leurs mains,
RoniEe uutriri mihi contigit, alquc doceri, Iratus Grœcis quantum nocuisset Achilles,
dit Horace '. Les poètes latins avaient aussi dans les écoles une large place. Nsevius, Ennius, Lucilius *, Livius Andronicus " furent d'abord en honneur; Horace ^ et Virgile ' les supplantèrent plus tard.
Un pareil système d'éducation ne pouvait rester sans conséquences ; on ne vit pas impunément avec les poètes dans un commerce aussi intime et aussi prolongé. On prend, au contact de leurs œuvres, un goût plus prononcé pour les images fortes, les tropes hardis, les couleurs éclatantes. On ne se contente plus d'exprimer simplement sa pensée ; on veut lui donner quelque chose de pittoresque et d'inattendu. On perd même le sens du rythme de la prose; on se laisse inconsciemment entraîner à reproduire cette musique de vers qui, depuis si longtemps, chante dans la tête, et des expressions, des tournures, des constructions empruntées aux poètes viennent sous la plume, dépaysées dans la prose. Cette invasion de la poésie dans la prose date de la fin de la république; Gicéron sentait son Ennius, à ce que prétendait Sénèque *, et Ïite-Live, sans y prendre