Th. Vogel, éd. de Quiate Curce, Op. L, t. I, page
3. Cf. S. DossoN, éd. de Quinte Curce, Paris, Hachette, 1884, page 416. Sur
y sont peu nombreux, il n'y en a guère plus de six, et les mots transcrits du grec ne dépassent pas la douzaine '.
Le seul trait véritablement caractéristique de ce vocabulaire, c'est la présence des mots poétiques; ils sont assez nombreux % ils n'arrivent pas cependant à la proportion considérable qu'ils atteindront dans les ouvrages des écrivains que vit naître le dernier tiers du premier siècle. Les limites entre la prose et la poésie ne sont pas encore effacées; il n'y a que des empiétements partiels; ces empiétements sont souvent autorisés par l'exemple de Salluste, de Tite-Live, parfois aussi de Cicéron.
Le vocabulaire de Quinte Curce ne diffère donc pas beaucoup de celui des classiques, extérieurement du moins; a y regarder de près, il en diffère en plus d'un point.
Des mots rares se substituent aux termes usuels; des mois très usités prennent par extension ou par localisation un sens qu'ils n'avaient pas à l'époque classique ^, — la signification des particules conjonctives s'est surtout démesurément étendue *; — d'autres mots enfin ont, comme des monnaies, perdu, en circulant, leur empreinte et leur relief, ils n'ont plus leur valeur originale et précise, ils ne sont plus que l'expression vague d'une idée; des termes expressifs n'ont plus qu'une signification banale, les verbes composés d'une préposition ne diffèrent plus, par exemple, des verbes simples ^.
La flexion n'offre qu'un trait caractéristique : la prédominance des formes grecques dans les noms propres, surtout dans les moins connus. L'usage primitif des Romains était de donner aux mots grecs une terminaison latine; cet usage — Quintilien le constate ^ — s'était modifié sous l'empire, et les désinences grecques prévalaient; Quinte Curce s'est, en partie, conformé aux habitudes de son époque ^.
toute celte question, cf. Fcscacs, de Imminenti...., Op. l., page 519, sqq. — Tii. VoGEL, Op. /., t. I, page 10, sqq. — J. Muetzell, éd. de Quinte Curce, Op. /.. Index, page 933, sqq. — E. Krah, Beitràge zur Syntax des Curlius, Insterburg, P. ], 4886.