QUI.NTE CURCE, VIII, X
8. Quinte Curce, IV, xiii, 10, xi, 22, xvi, 25; V, iv, 34, vu, 12; m, 23 ; XI, 12; VI, V, 22, .32; Vtl, iv, 31, vu, 23; VIII, viii, 23; IX, v, 30.
9. Quinte Curce, VIII, x, 16 : hœc (oppidaj omaia sita sunt in editis collibus, tum velut freni domitarum gentiuni, nunc originis suae oblita serviunt, quibiis imperaverunt.
Obtutuque haeret defixus in uno *,
sa mémoire, qu'il oublie de surveiller, lui joue ce mauvais tour de lui suggérer des formules dont il n'a que trop abusé.
Un autre procédé, moins fréquent, est plus curieux. Quinte Curce veut-il mettre en scène un personnage nouveau, il nous donnera d'abord son nom, puis il le caractérisera rapidement au moyen de quelques traits empruntés à son état social ou bien à sa condition présente; enfin, dans une période courte, il notera un détail qui servira de transition au récit qui suivra. Le temps même des verbes ne variera guère ; celui des premières propositions sera à l'imparfait, celui de la dernière au parfait : « Oxydâtes était un noble Perse; condamné par Darius « à la peine capitale, il se trouvait alors dans les fers; après sa « délivrance, il fut nommé satrape de Médie ^ » — <' H y avait « parmi les médecins célèbres un certain Philippe; compagnon « du roi et cbargé de veiller sur sa santé dès l'enfance, il « aimait Alexandre non seulement comme un roi, mais comme « un pupille ^. »
Si maintenant nous réunissons les résultats de cette analyse, nous constatons que le style de VHistoire d'Alexandre renferme les éléments constitutifs du talent de Quinte Curce et qu'il porte la marque de l'époque.
Quinte Curce cherche à peindre par les mots, à donner la vie à tout ce qu'il touche, mais les procédés qu'il emploie appartiennent moins au prosateur qu'au poète, les images qu'il prodigue , tout ingénieuses qu'elles soient, deviennent fatigantes à force d'être répétées. Il est éloquent, il est aussi déclamatoire, il ne sait pas toujours éviter l'enflure, le vague, la monotonie. Il vise à l'élégance et à l'originalité; mais cette élégance n'est pas entièrement exempte d'affectation ou de recherche, cette originalité ne laisse pas que de sentir parfois l'effort; il semble trop souvent que Quinte Curce se soit dit : « Je voudrais finir par « quelque chose de brillant, de scintillant qui eût l'aijr d'une « pensée *. »