‹ Étude sur Quince CurceChapitre 32 sur 398 · Qlixte Cl'rce, X, IX, o : « quot condidit gladios · texte numérisé non relu

Qlixte Cl'rce, X, IX, o : « quot condidit gladios

avaient bien été tirés aussi à la mort de Caligula, et c'est bien l'avènement de Claude qui les avait fait rentrer dans le fourreau. Des sénateurs avaient déjà été tués *, la femme de Caligula avait été assassinée, sa fdle avait eu la tête brisée contre un mur -, les spectateurs avaient tremblé au théâtre devant la colère des prétoriens ^, et, aux portes de Rome, se groupaient les légions, l'épée à la main, — le mot est de Josèphe *, — toutes prêtes à donner l'assaut. Un carnage, égal à tous ceux qui avaient si souvent ensanglanté Rome, aurait eu lieu ^, si Claude , n'avait été élu empereur et accepté par tous ou, plus justement, 1 imposé à tous par les soldats.

L'élévation de Claude au trône impérial était d'ailleurs bien faite pour justifier l'épithète de « subita ^ » dont se sert Quinte Curce. Que l'on donne à cet adjectif le sens que l'on voudra; qu'il signifie « imprévu » ou « soudain », nul autre ne caractérisera mieux cet épisode tragi-comique de l'histoire romaine.

La mort de Caligula avait été aussi imprévue que soudaine: le monstre, comme l'appelle Suétone, n'avait que vingt-neuf ans, il avait régné à peine quatre ans, et rien ne faisait prévoir sa chute; le peuple était trop bien façonné au joug, et Caligula eût sans doute donné longtemps encore cours à toutes ses folies, s'il n'avait blessé l'amour-propre de Chéréas.

L'avènement de Claude ne fut ni moins imprévu, ni moins soudain. Qui jamais eût pensé à lui? Il avait cinquante ans, il n'avait jamais rempli d'autre charge publique que celle d'augure ', il n'appartenait pas — même par ladoption — à la famille des Jules. Toute sa vie s'était écoulée jusque-là dans le mépris ou dans l'oubli. Auguste ne parlait de lui qu'avec com-

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