‹ Étude sur Quince CurceChapitre 34 sur 398 · ScÉTONE, Claude · texte numérisé non relu

ScÉTONE, Claude

breuse ' pour justifier les espérances des Romains, les tranquilliser sur l'avenir, et justifier par là même la phrase de Quinte Curce, simple écho des sentiments publics, écho qui se retrouve dans un passage analogue de Sénèque '.

L'épreuve que nous avons tentée a réussi; il n'est pas une phrase, pas un détail de l'effusion lyrique de Quinte Curce qui ne s'exphque par un fait historique, par un des événements qui ont accompjagné l'élévation de Claude à l'empire. C'est donc bien au successeur de Galigula que Quinte Curce pensait: il semble du reste avoir voulu nous en prévenir par une de ces allusions qui lui sont familières, alors que, faisant une plaisanterie d'un goût contestable, et jouant sur les mots « Caligula » et « cali</are^ », il s'écrie : « hujus, hercule, non solis,ortus lucem caligantl reddidit mundo "*. v

Toutefois ce panégyrique, surtout les lignes qui le terminent, paraît si peu fait pour le Claude de l'histoire, qu'on éprouvera peut-être quelque répugnance à admettre la démonstration précédente, et qu'on sera tenté de la prendre pour un simple jeu d'esprit, favorisé par un concours de circonstances fortuites. Rien de plus naturel; il est bien difficile aujourd'hui de se représenter Claude comme « un astre ^w, un sauveur qui fît « revivre et refleurir l'empire romain ^ ». Mais, quand on juge les choses de l'antiquité, il faut se débarrasser de tous les préjugés et de toutes les idées modernes '.

Des exagérations pareilles nous choquent; il est fort douteux que les Romains en fussent aussi vivement blessés.

Pour ces hommes à imagination vive, « sidus » n'était guère

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