‹ Étude sur Quince CurceChapitre 368 sur 398 · Le Regius 971, cf. page · texte numérisé non relu

Le Regius 971, cf. page

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12. J. DE Salisbury, Policraticiis sive de nugis curialium et vestigiis Pkilosophorum, Leyde, Maire, 1639. — L. VllI, 18, page GSO : Haec quidem possunt et apud alios historicos inveniri diffusius qui tyrannorum atrocitates seu exitus miseros plenius scribunt. Quœ si quis diligentius recenseri voluerit, légat ea quae T. Pompeius, Josephus, Hegesippus, Suetonius, Quintus Curtius, Cornélius Tacilus, T, Livius, Serenus et Tranquillus et alii historici quos enumerare longum est

de mentionner Quinte Curce. L'a-t-il réellement connu? M. Saarchmidt ' a prétendu que non. Jean de Salisbur}', dit-il, voulait en accumulant les noms d'historiens faire simplement preuve d'érudition, mais c'était une érudition toute de surface, et il n'avait jamais lu peut-être la plupart des auteurs qu'il cite. Une preuve à l'appui de cette assertion, c'est que Jean de Salisbury attribue à Quinte Curce un passage - qui manque dans Tceuvre de l'historien romain telle que nous la possédons. Cette preuve, la plus forte que M. Saarchmidt puisse mettre en avant, n'a aucune valeur; Jean de Salisbury parle plus d'une fois d'Alexandre, et il le fait évidemment d'après des ouvrages autres que l'histoire de Quinte Curce. Il a pu parfaitement, dans le cas particulier dont nous nous occupons, attribuer à Quinte Curce ce qui appartenait à Justin, à Julius Valerius ou à Frontin ■^; ou, ce qui est infiniment plus vraisemblable, il a eu entre les mains un de ces exemplaires interpolés dont les manuscrits du xu^ siècle * et du xv« nous ^ offrent des spécimens, et dont nous retrouverons la trace dans un ouvrage du xui<= siècle ^. Comment d'ailleurs ce Jean de Salisbury, que Pierre de Blois appelle son seigneur et son maître '', aurait-il ignoré un ouvrage que son disciple connaissait fort bien? Or Pierre de Blois a connu Quinte Curce, le fait est indiscutable. Il le cite expressément dans une de ses lettres, et il déclare que la lecture de cet écrivain lui a été d'un grand profit moral *. Les termes dont il se sert semblent toutefois indiquer que VHistoire d'Alexand)^ par Quinte Curce était peu goûtée du vulgaire ou des faiseurs d'histoires universelles : c'était un régal de savants ou de délicats; l'un d'eux, Gautier de Chàtillon, a pris dans cette histoire les éléments d'un poème qui eut un succès étonnant au moyen âge ^. La parenté entre l'ouvrage de l'historien et celui du poète est des plus curieuses '°; nous n'essayerons pas de la montrer, on Ta fait suffisamment, soit en France, soit à l'étranger; rappelons seulement que la date de la publication du poème de Gautier suffit à démontrer l'inanité de l'opi-

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