Quinte Curce, VI, i, 18; Vince.nt de Beauvais, IV
Alexandre un mot que Quinte Curce attribue à Darius '. Ailleurs ses souvenirs sont plus vagues -, ailleurs enfin le texte de Vincent de Beauvais n'a presque rien de commun ', parfois même n'a rien de commun avec le texte actuel de Quinte Curce *. Est-ce que Vincent de Beauvais a dans ces passages confondu Quinte Curce avec un autre historien? Est-ce qu'il a eu en main un de ces manuscrits interpolés dont nous avons déjà parlé ^? La question n'est pas résolue; mais la dernière hypothèse semble la plus vraisemblable; J. de Cessoles cite lui aussi comme de Quinte Curce des faits qui n'appartiennent pas à l'ouvrage de l'historien latin, or Jacques de Cessoles (Jacobus de Cessolis, de CasuUs?) est contemporain de Vincent de Beauvais, il vécut vers 1290 et écrivit « U7ie moralité des nobles hommes faite sur le jeu des échecs » suivant la traduction de Jean de Vignay ^, ou suivant le titre de l'édition de Milan : « Incipit liber quem composuit frater Jacobus de Cessolis ordinis fratrum predicatorum qui intitulatur liber de moribus hominum et officiis nobilium super ludo Scachornim '' ». Dans ce petit livre extrêmement curieux, Jacques de Cessoles parle fréquemment d'Alexandre et mentionne à tout propos Valère Maxime, Sénèque, Ovide, Cicéron, Gautier de Chàtillon, Quinte Curce; mais, du moins en ce qui concerne notre historien, il est encore plus inexact que Vincent de Beauvais: ainsi il attribue à Julius Valérius le discours des Scythes * qu'il donne évidemment d'après Quinte Curce. Il donne, comme étant tiré du premier livre de notre auteur, une maxime qui en réalité appartient au septième '. Seulement ce qui est remarquable, c'est que les deux passages auxquels nous renvoyons se trouvent précisément dans Vincent de Beauvais, et que le discours des Scythes est mis par de Cessoles, comme par l'auteur du Spéculum historiale, dans la bouche d'un des Macédoniens. Cette précision dans l'inexactitude tient probablement à ce que Jacques de Cessoles et Vincent de Beauvais ont cité de mémoire ou plutôt d'après un de ces recueils de discours 'o, ou l'un de ces extraits de maximes morales que nous avons signalés ^' ; à moins toutefois que de Cessoles n'ait pris ses citations à Vincent de Beauvais, bénédictin comme lui.
Michel Scott, dans sa Mensa philosophica, cite Quinte Curce avec aussi peu d'exactitude que Jacques de Cessoles i^; Jacques de Vitry le