Cf. page
8. Son histoire contenait un certain nombre de données géographiques sur l'Inde (Cf. Strabon, V, page 224; XV, page 718; Élien, Hist. An., XVII, 2; Pline, Histoire iiaturelle, VII, m, 2, etc.), sur les îles situées au sud de l'Ethiopie (Cf. Pline, Histoire naturelle, VI, xxvi, 36) et sur d'autres pays.
9. Il avait même composé un Périple (Cf. Scholies d'ApoLLOiNics de Rhodes, I, 1037 ; II, 672) cité par Strabo.x, XVII, page 813.
autres, les avaient fait connaître, assez inexactement parfois, c'est un devoir de i'avouer; mais la route était tracée, il n'y avait plus qu'à la suivre ; des rapports fréquents étaient établis avec ces peuples nouvellement connus, il n'y avait plus qu'à les continuer. Les successeurs d'Alexandre , c'est une justice à leur rendre, ne laissèrent pas se perdre celte partie de leur héritage, et le domaine de la géographie ne cessa de s'accroître chaque jour.
Les Séleucides, par la position même de leur empire, étaient les plus rapprochés des contrées nouvellement découvertes, et, par cela même, ils entretenaient avec elles des relations plus fréquentes; aussi, grâce à eux, les connaissances géographiques furent-elles rectifiées ou complétées sur plus d'un point. Les rois égyptiens ne firent pas moins pour les études géographiques; ils les encouragèrent, ils favorisèrent ou ordonnèrent même des voyages d'exploration, et, surtout, mirent, par leur libéralité, une masse énorme de documents à la disposition des géographes. C'était beaucoup ; si l'on se rappelle en outre qu'Alexandrie était le centre commercial où se donnaient rendez-vous les flottes marchandes à leur retour des pays les plus lointains, que, par conséquent, elle était une source toujours abondante de renseignements récents sur les contrées les plus reculées et en particulier sur l'extrême Orient, on ne s'étonnera pas qu'elle ait vu naître beaucoup d'ouvrages géogra- M phiques. *
Parmi ces ouvrages, il s'en trouvait naturellement un assez grand nombre qui offraient aux historiens d'Alexandre les moyens de rectifier les assertions inexactes des premiers explorateurs de l'Asie et de l'Inde. Ces derniers ouvrages, qui ont pour nous un intérêt tout particulier , n'étaient pas d'égale valeur et n'avaient pas été conçus d'après un plan uniforme.
Dans le laps de temps qui va de la mort d'Alexandre à la fin du m*' siècle avant notre ère, les ouvrages de géographie, les plus intéressants pour les historiens de l'expédition macédonienne, sont surtout des relations de voyage, des récits publiés par des hommes qui d'ordinaire avaient vu les choses dont ils parlaient, qui avaient séjourné dans les pays dont ils donnaient la description et avaient recueilli sur place les éléments de leurs travaux.
l'histoire d'alexandre 97
Évhéraère de Messénie avait parcouru l'Arabie Heureuse et l'océan Indien à la demande du roi de Macédoine, Gassandre, son ami ^; Mégasthène ^ avait rempli les fonctions d'ambassadeur de Séleucus auprès du roi de Palimbothra (Pâtalipoutra), Sandracottus (Tchandragoupta), probablement en même temps qu'un envoyé de Ptolémée Pbiladelphe, Dionysius, à peine connu par un passage de Pline '. Après Mégasthène, Daïmaque * avait aussi séjourné à Palimbothra auprès d'Allitrochadès (Amitraghatas), en qualité d'ambassadeur du même Séleucus. Tous ces personnages, à leur retour, avaient publié des récits utilisés par les écrivains postérieurs, quoique fort inexacts, au dire de Strabon ^. Les critiques du célèbre géographe avaient certainement un fondement sérieux; elles n'étaient peut-être pas cependant de tout point justifiées, tout au moins pour Mégasthène. Beaucoup de ces fables, que Strabon lui reproche d'avoir racontées, étaient de l'invention des Brahmes ^, de qui Mégasthène les tenait; de plus, elles devaient être beaucoup moins nombreuses qu'on ne serait porté à le croire, sans cela Arrien, juge d'ordinaire assez sévère, n'aurait pas si fort estimé Mégasthène' et ne l'aurait pas pris pour guide dans ses Indiques. On pourrait peut-être même aller plus loin et, en tenant compte de la sévérité outrée de Strabon", admettre que les ouvrages d'Évhémère et de Daïmaque ne manquaient pas d'une certaine valeur. Un autre personnage important de la même époque, qui fut amiral, gouverneur de Babylone ^ et, plus tard, des pays voisins de la mer Caspienne *", Patrocle, avait lui aussi publié le relevé de ses observations personnelles sur l'Inde " et la mer Caspienne '^; ses