Plutarque, Alexandre
8. Arrien, Anabase, I, ix, 10, xi, 7, xii, 1; II, xxv, 2; etc.
9. Arrien, Anabase^ préf., 3 : ^<jti 6è a xoi upos; aXXwv ^'jyyeYpafxixlva, ou xa\ aùxà à^iacpriYO'^^ "i^- H-^' ^oo^s xa\ où ixivrr, àuiîTa, w; Xeyofieva (xdvov «juàp 'AXe^àvôpo'j àvsypa'l'a.
LES SOURCES DE QUINTE CURCE 111
indiscutable, il nous faut, avant tout, chercher les moyens de reconnaître parmi les nombreux historiens d'Alexandre ceux que Quinte Gurce a pris pour guides et pour modèles.
Ges moyens ne sauraient d'ordinaire nous être fournis par la comparaison du style de notre auteur avec celui de ses prédécesseurs : ils écrivaient en grec, il écrivait en latin ; ils ne sauraient davantage nous être fournis par la comparaison du plan et de l'esprit général de l'histoire de Quinte Gurce avec le plan et l'esprit général des ouvrages antérieurs ou contemporains écrits sur le même sujet, car l'un des termes de la comparaison manque, ces ouvrages étant perdus, à l'exception de celui de Diodore; enfln, ils ne peuvent pas non plus être empruntés à la comparaison des fragments des historiens grecs avec les passages correspondants de l'histoire de Quinte Gurce, car il est impossible de déterminer, sans arbitraire, auquel de ces historiens notre auteur a pris tel ou tel fait qui nous a été transmis à la fois «sous le nom d'Onésicrite, par exemple, et sous celui de Glitarque.
Toute argumentation fondée sur une de ces comparaisons est évidemment condamnée d'avance ; son point de départ étant une hypothèse, elle ne peut donner que des résultats hypothétiques. Veut-on arriver à une conclusion inattaquable? il faut s'appuyer sur un point de départ solide, partir du connu pour arriver à l'inconnu.
Il n'est peut-être pas impossible de trouver ce point de départ indispensable.
Alexandre a livré des batailles nombreuses et plus ou moins célèbres, il a parcouru d'immenses étendues de pays, il a découvert, tout au moins fait mieux connaître, des contrées entières ; et ses batailles, ses longues marches, ses découvertes ont été racontées par de nombreux historiens. Or il est de toute évidence que, suivant leur degré d'admiration pour Alexandre, suivant leur goût pour l'exactitude historique ou pour la légende, suivant le développement de leur faculté d'observation, suivant leur désir de s'instruire et leurs moyens d'information, ces historiens ont dû donner de ces batailles, de ces marches, de ces découvertes, des récits très diiTérents. Les évaluations numériques ont été grossies ou diminuées, certains faits ont été considérés sous des aspects très divers, certaines circonstances très particulières ont été racontées par les uns, omises par les autres.
1^2 QUINTE CURCE HISTOBIEN
11 est, d'autre part, non moins évident que la présence de ces particularités dans un ouvrage postérieur sera la preuve d'une filiation indiscutable entre l'auteur de cet ouvrage et l'historien qui le premier a fait connaître ces particularités.
Donc, si nous trouvons dans l'ouvrage de Quinte Gurce tel chilTre donné expressément par un historien, si nous y notons telle circonstance plus ou moins historique, telle description géographique attribuée par l'antiquité à un historien ou à un géographe déterminé et à lui seul S nous serons parfaitement en droit d'affirmer que Quinte Gurce a emprunté ce chiffre, cette circonstance, cette description à Thistorien ou au géographe en question; nous aurons alors ce fait connu qui devra nous servir de point de départ, nous aurons un critérium qui nous permettra d'affirmer que tel fait, donné par plusieurs historiens à la fois, a été emprunté par Quinte Gurce à l'un de ces historiens et non pas à fautre.
A. — Les indications numériques ne font pas défaut dans les ouvrages des historiens d'Alexandre. Nous sommes renseignés sur les dates de départ et d'arrivée, sur la durée des marches ou des expéditions, sur l'effectif des troupes et sur les pertes qu'elles ont subies, sur le chiffre des sommes d'argent trouvées après les victoires ou reçues comme contributions, sur l'étendue des villes conquises, des montagnes et des Qeuves; nous devrions donc, semble-t-il, trouver dans ces multiples indications des éléments d'information aussi précieux qu'abondants. Il n'en est malheureusement pas ainsi, ces données numériques étant le plus souvent anonymes. Diodore, dans tout son XYIl" livre, ne dit pas une seule fois à quel historien il les emprunte; Plutarque le dit une fois ^ mais à propos d'un événement qui ne se trouve plus dans l'œuvre mutilée de Quinte Gurce; ces deux écrivains ne peuvent donc nous être d'aucun secours. On s'est, il est vrai, efforcé de suppléer à leur silence, mais les résultats
1. Le fait sera d'autant plus probant que Strabon, par exemple sait très bien l'origine du renseignement qu'il donne; il dit, XI, page 509 . 'EpaToa8svri(; Tcapà IlaTpoxXéou!; Xajâoiv.