R. KôHLEH, Op. L, page 14, sqq
LES SOURCES DE QUINTE CURCE 137
division, souscrivons à l'attribution que M. Kuhler fait à Glitarque de la première et de la troisième de ces parties, et voyons ce qu'il est possible d'en tirer.
Tout d'abord, la première et la seconde partie ne sauraient nous être d'aucun secours ; l'une, parce qu'elle correspond aux livres perdus de Quinte Gurce ; l'autre, parce qu'elle n'offre que des traces fort rares de l'influence de Glitarque. Reste donc la troisième, qui correspond aux six derniers livres de Quinte
Curce.
Gette partie — au dire de M. Kuhler, dont nous acceptons l'argumentation — est écrite d'après l'ouvrage de Glitarque. L'est-elle absolument, dans le sens strict du mot? Il serait peutêtre permis d'en douter, puisque la description du fameux bûcher d'Héphestion, comprise dans cette dernière partie \ ne se trouve donnée que par un seul écrivain, qui n'est pas Glitarque^; mais, enfin, acceptons sans réserve la conclusion de M. Kôhler, — du reste vraie en général, — s'ensuivra-t-il que les cinq derniers livres de Quinte Gurce soient nécessairement empruntés en entier à Glitarque? non pas : Quinte Curce — c'est un fait dont on a déjà pu s'apercevoir — ne se sert pas toujours du même auteur, il complète l'un par l'autre les historiens qu'il utilise, et mêle volontiers des données diff'érentes prises à des sources diverses; c'est dire que, dans ses six derniers livres, il n'a pas mis Glitarque seul à contribution. Le problème que nous nous étions posé reste donc intact; mais le moyen de le résoudre nous semble ressortir de tout ce qui précède. Diodore, avonsnous dit, s'est en général servi de Glitarque, Quinte Curce s'en est servi, lui aussi, mais moins exclusivement, donc tout passage de Quinte Gurce donnant un renseignement fourni par Diodore et omis ou contredit par les autres historiens d'Alexandre pourra être considéré comme très probablement emprunté à Glitarque.
L'application de cette règle à l'histoire entière de l'auteur que nous étudions ne conduira pas à des résultats d'une rigueur mathématique; elle permettra cependant de mesurer l'influence que Chtarque a exercée sur Quinte Gurce et de rapporter à son ouvrage l'origine des passages suivants :