Par exemple à propos du Marsyas, Quinte Curce, III, i
7. DiODORE, XVII, xLix, 0. — Arrien, Anabase, III, m, 4. — Plutarque, Alexandre, 27.
« OU il faut croire que dans le trésor de cette ville furent trouvés « cent vingt mille talents *. »
Au reste, Quinte Curce ne se contente pas d'indiquer ses doutes, il les exprime en termes formels, par exemple, à propos de l'empoisonnement d'Alexandre'^ que Justin ne croyait pas devoir révoquer en doute ^ 11 préfère, en efTet, mettre toutes les pièces sous les yeux de ses lecteurs, leur laissant le soin de se prononcer entre les différentes traditions qu'il rapporte. Il a fait d'ailleurs à ce sujet une profession de foi très explicite et qui, sous sa forme naïve, est une règle de conduite fort prudente, peut-être même préférable aux affirmations d'historiens plus appréciés. « Quant à moi, dit-il, j'en écris plus que «je n'en crois; car je ne puis me résoudre ni à affirmer ce dont « je doute, ni à supprimer ce que j'ai entendu dire *. » C'est le procédé de Tite Live, et c'est un procédé qu'on hésite à blâmer; grâce à lui, nous pouvons aujourd'hui choisir et nous savons sur quels points noire critique doit s'exercer.
Ce n'est pas que Quinte Curce accepte de gaieté de cœur cette nécessité de rapporter toutes les invraisemblances de ses prédécesseurs; non, quelquefois il se fatigue de retrouver, à chaque page des auteurs qu'il feuillette, une erreur ou un mensonge, et il se laisse aller à maudire « l'indifférence ou, ce qui n'est <( pas un moindre défaut, la crédulité de ceux qui ont rassemblé « les anciens monuments de l'histoire^. »
On a voulu voir, dans cette explosion d'indignation, un mouvement non pas même oratoire, un mouvement de rhétorique, et, qui pis est, un mouvement de rhétorique copié dans le modèle dont Quinte Curce s'était servi pour composer son histoire ^ On trouve, en effet, dans Arrien, à propos du même événement ', une réflexion à peu près analogue, mais cette coïncidence ne prouve rien, tout au moins elle ne prouve rien