J. LiPSE, Not. ad, Politic, I. I, eh
Au XVII® siècle, Rapin * accentue les réserves d'Érasme, Gui Patin * est bien près d'admettre l'opinion professée par son régent et de considérer l'histoire de Quinte Curce comme un roman, mais l'opinion commune, représentée par J. F. Gronovius% Erycius Puteanus S La Motte Le Vayer ", est encore de tous points favorable à l'auteur de V Histoire d'Alexandre.
Au xviii<5 siècle, la lutte est beaucoup plus acharnée; les détracteurs et les défenseurs de Quinte Curce ne se bornent plus à opposer des affirmations à de> négations, ils s'arment en guerre et livrent des batailles en règle. J. Leclerc et J. Perizonius sont les deux plus vaillants champions de cette querelle; ils en sont venus aux mains plus d'une fois, sans remporter ni l'un ni l'autre aucun avantage bien marqué.
J. Leclerc ouvrit le feu par un réquisitoire violent ^ dans lequel il accusait Quinte Curce : 1** d'ignorer l'astronomie et la géographie; 2° d^avoir puisé à des sources sans valeur; 3° d'avoir donné des descriptions inexactes et de s'être plus d'une fois contredit; 4** d'avoir rapporté des faits insignifiants et d'avoir omis des événements du plus haut intérêt; 5" de s'être ingénié à trouver dans les traditions hindoues l'origine des fables grecques; 6** de négliger toute chronologie; 7° d'écrire en déclamateur, et 8° d'être un panégyriste d'Alexandre. A ces accusations, J. Perizonius répondit d'abord incidemment, par une note insérée dans son Commentaire d'Elien '^, note à laquelle J. Leclerc riposta par la préface de son édition de Pedo Albinovanus ^ ; trois ans plus tard, il écrivit en faveur de Quinte Curce ^ un plaidoyer complet, qui naturellement ne modifia pas l'opinion de s^on adversaire *^.
1. Rapln, Réflexions sur Vhistoire^ Paris, Muguet, 1684, page 238. — Cella- Rius, Geog, Ant., t. II, page 3 : a De Curtio non laboramus sîepe in geographicis aberrante. »