‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 217 sur 386 · Qulnte Curce, IY, i · texte numérisé non relu

Qulnte Curce, IY, i

Les discours dans lesquels Quinte Curée a cherché à faire de la couleur locale — ce dont il nous avertit soigneusement * — ne sont pas de tous points parfaits. Gobarès, ce mage égaré à la table de Dessus, n'est guère autre chose qu^un Sancho Pansa oriental enfilant des proverbes S sachant d'ailleurs ne pas attendre les conséquences fâcheuses de son trop franc parlera Mais c'est un Sancho Pansa instruit à bonne école, qui manie agréablement l'antithèse ' et sait, comme il convient, terminer sa petite allocution par un trait fort piquante

La harangue des Scythes si fort attaquée par les détracteurs attitrés de Quinte Gurce S si vaillamment défendue par Sainte- Croix ' et si vivement admirée malgré tout », ne laisse pas d'avoir, elle aussi, ce caractère d'impcrsonnalilé que nous avons dû constater à plusieurs reprises. Sans doute elle ne manque ni de métaphores, ni d'images pittoresques, ni de figures outrées, mais elle n'a rien qui permette de la mettre plutôt dans la bouche d'un Scythe que dans celle d'un Breton. Cela est si vrai qu'on peut très facilement rapprocher d'un des plus beaux mouvements de cette harangue un passage éloquent du discours de Galgacus ^ En réalité, les Scythes ne font qu'opposer à une civilisation corrompue la vie d'un peuple simple et libre. Comme Gobarès, d'ailleurs, les Scythes ont fréquenté avec les rhéteurs. Ils ont des réminiscences de Gicéron»»; ils connaissent les proverbes qui courent en Grèce sur leur compte **; ils savent le

Page 1