Quinte Curce, VI, xi, 2, sqq
« payés? L'un a arrosé de son sang la table d'un banquet; l'autre « n'est môme pas mort d'un seul coup; il a fallu que tes géné- « raux, attacbés au chevalet, fussent donnés en spectacle aux « Perses qu'ils avaient vaincus. Parménion, sans avoir pu se « disculper, a été assassiné, lui qui avait été l'assassin d'Attale; (( car tu fais tour à tour de ces malheureux autant de bourreaux « pour frapper tes victimes; et ceux qui viennent d'être les ins- « truments de tes vengeances sont bientôt mis à mort par d'au-
« très *. »
La suite est moins belle, — Ilermolaûs s'amuse à des antithèses ^ il prend à la lin le ton d'un stoïcien faisant la leçon au tyran et souhaitant que ses remontrances ne soient pas inutiles ^ -^ mais il y a encore de belles choses, fort justes, ne serait-ce. que ce mouvement ironique dans lequel le jeune page rappelle au roi le souvenir de Callisthène condamné d'avance par le plus juste et le plus patient des souverains *.
La réponse de Callisthène à Cléon est fort modérée. Le philosophe parle en habile politique ^ en homme d'esprit \ en patriote perspicace '.
Le discours de Cratère contre Philotas a quelque chose de l'habile pertidie des délateurs romains. L'orateur y exploite surtout fort adroitement la jalousie qu'Alexandre ne pouvait s'em-' pêcher de ressentir contre Parménion ^ u Mais alors même, « dit-il, que, vaincu par le repentir ou par ton bienfait, il voudrait « se tenir désormais en repos, Parménion, son père, qui com- <( mande à une armée si puissante, Parménion, dont la voix est « depuis si longtemps respectée de tes soldats, et dont la gran- « deur atteint presque à la tienne, ne se trouvera-t-il pas humilié « de te devoir la grâce de son fils? Il est des bienfaits qui nous « sont odieux; on a honte d'avouer qu'on a mérité la mort. »
Tous ces discours sont dans le ton; les personnages sont dans