‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 289 sur 386 · Plutarque, Paul-Emile · texte numérisé non relu

Plutarque, Paul-Emile

NATURE DE l'ouvrage

On se convaincra sans peine de l'exactitude de ce fait. Il y a en effet, à côté des maximes de morale, des analyses psychologiques, un nombre considérable d'anecdotes qui toutes sont pour Quinte Gurce des occasions à leçons de morale, soit qu'elles aient Alexandre pour héros *, soit qu'elles mettent en scène les comparses du drame, Darius, Charidème ^ Patron ^ Ménédème, Hypsicrate ^, ou même des personnages tout à fait secondaires, les pages Alexandre et Gharus ^

En associant la morale à l'histoire, Quinte Curce, on n'en saurait guère douter, a du prendre quelque chose de cette ardeur de prosélytisme qui entraînait tous les moralistes, ses contemporains^; s*il n'a pas été un Papirius Fabianus, saisissant toutes les occasions de tonner contre son siècle ', il a tout au moins cédé facilement au plaisir ou au devoir de le rappeler à la vertu, en lui montrant, dans le lointain de l'histoire, les conséquences des actes bons ou mauvais, et il a dû s'empresser de saisir tous les moyens de donner plus de retentissement à ses leçons.

Il n'a pas dû négliger celui que lui fournissaient les lectures publiques. Elles brillaient alors du plus vif éclat; elles offraient à l'historien, aussi bien qu'à l'orateur ou au poète, le moyen de faire connaître et applaudir ses œuvres ^ ; elles permettaient au moraliste de s'adresser directement à un auditoire attentif et choisi, qui ne pouvait se soustraire aux leçons qu'on voulait lui faire entendre.

Quinte Gurce n'a pas manqué de profiter des avantages que les lectures publiques mettaient à sa disposition.

On en a le sentiment à la lecture de certaines anecdotes ^, d'épisodes longuement développés *°, de descriptions travaillées

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