‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 38 sur 386 · Suétone, Reliqui^, éd. Rffschd, op. t., page · texte numérisé non relu

Suétone, Reliqui^, éd. Rffschd, op. t., page

7. B. BRissON, De Regio Persarum principatu,.. L. /. - Popma ed de Quinte Curce, note X, ix, 3. - Perizonius, Op. t., page 3. - Klotz, Op. t.,

^Trutgersius, Var. lect., cité par de Vit, Onomasticon, page 519. - Butt- MANN, Op. /., page 28, sqq.

minés ne sont cependant ni bien nombreuses ni bien fortes par elles-mêmes, mais du moins elles existent et peuvent être discutées. Examinons donc successivement chacune de ces identifications.

Les savants qui veulent reconnaître l'historien d'Alexandre dans le rhéteur de Suétone ' — ce sont les plus nombreux, disons-le tout de suite — raisonnent à peu près ainsi : Q. Curtius Rufus, historien d^Alexandre, doit être considéré comme ne faisant qu'un même personnage avec le rhéteur Q. Curlius Rufus dont Suétone avait écrit une biographie aujourd'hui perdue; en effet, ces deux personnages portent le même nom, ils ont vécu à la même époque, et le tour plus qu'oratoire, rhétoricien du récit dans V Histoire d'Alexandre indique clairement que son auteur était un rhéteur de profession.

Ces différentes allégations sont-elles suffisamment justifiées? Il serait téméraire de l'affirmer. L'identité de nom ne prouve rien; les Gurtius Rufus- n'ont pas manqué à Rome. La date à laquelle a vécu le Gurtius Rufus de Suétone est d'ailleurs assez incertaine et ne peut guère être considérée comme une preuve décisive. Pour la fixer, on n'a d'autre point de départ que la place occupée par Curtius Rufus dans le texte de Suétone; il s'y trouve entre M. Porcins Latro et L. Valerius Primanus ». Le premier se suicida en l'an 3 avant J.-G. ; le second nous est complètement inconnu, mais il précède Virginius Flavus, qui vivait vers l'an 65 de l'ère chrétienne \ Entre ces deux dates il y a, on le voit, un écart considérable, et, si l'on veut faire des conjectures, rien n'empêche de supposer que ce Q. Gurtius Rufus était mort avant l'an 40, date de l'avènement de Glande. En

4 Casaubon, Anvnadversioncs ad Sueto?iium. — Peuizomus, Op. L, nase 3. — Letellier, éd. de Quinte Gurce, Op. /., préface. — «Ann, Op. page 246. - ïeuffkl, Op. L, § 292, page 201 de la traduction fran- ,.;ise. Bek.nharoy, Op. /., page 733. - Wolf, L. L - Kussneh. Phduloius, XXXll, page 160. - Mitzkll, Op. L, préface, page Lxxxm, sqq. - Berger Op. /., page 22, suppose même que Quinte Gurce est le père de Curtius Montanus, dont Tacite parle {Annales, XVI, 28, 33) comme d un poète satirique. — On pourrait allonger la liste de ceux qui ont emis des hypothèses sur ce point spécial; mais ce serait un travail aussi fastidieux .qu'inutile, après l'énumération que nous avons faite précédemment (page 18, sqq.) des critiques qui se sont occupés de Quinte Gurce.

2? Suétone, Rdiquiœ..., éd. lliïsch., page 128.

.3. Teuffel, § 297, n. 9, page 212 de la traduction française, t. II.

PROBLEMES BIOGRAPHIQUES

définitive, faire de l'historien et du rhéteur un seul personnage est une simple hypothèse et une hypothèse qui n'a même pas le mérite de satisfaire notre curiosité , le rhéteur nous étant aussi inconnu que l'historien.

L'identification de notre historien avec le Gurtius Rufus de Tacite * a été beaucoup plus vivement attaquée que soutenue. Ceux (jui en sont partisans ne donnent guère les raisons qui les ont déterminés; ceux qui ne l'admettent pas au contraire s'évertuent à mettre en lumière les difficultés que présente une telle identification. 'Ils s'appuient surtout, pour nier toute parenté entre ces deux personnages, sur ce fait que les descriptions, particulièrement les descriptions de bataille, ont dans YHutoire d Alexandre quelque chose de vague, de ilottant, d'indécis qu'elles n'auraient pas si elles avaient été écrites par un homme de guerre. L'objection a bien sa valeur; il ne faut pas néanmoins lui accorder une importance exagérée et en faire un empêchement absolu à l'identification des deux personnages. Il y a dans ces descriptions beaucoup moins de vague et d'obscurité qu'on n'a bien voulu le dire ; y en eùt-il autant, ce ne serait pas une raison déterminante; l'habitude du commandement et du métier des armes ne confère pas nécessairement le don d'exprimer des idées avec clarté et précision.

Une autre objection a paru aussi vivement toucher tous les contradicteurs de cette opinion. Ni Tacite"-^, disent-ils, ni Pline ', en parlant de ce Gurtius Rufus, ne font la moindre allusion à des travaux littéraires ({uelconques, ils n'auraient pas manqué d'en parler, si la chose eût été possible; ce Gurtius Rufus n'est donc pas l'historien. Une objection de cette nature, si elle était émise à propos d'un moderne, aurait quelque valeur, l'habitude des périphrases et des allusions aux productions littéraires ou à la situation sociale des personnes s'est en effet si bien introduite dans nos mœurs que des locutions comme « le plus grand poète du xixe siècle » ou « le chantre de Rolla » sont devenues d'un usage courant et sont parfaitement comprises.

Les anciens en usaient tout autrement, et nous avons rappelé

1. Krycius Puteanus, éd. de Quinte Gurce, préface. — J. N. Funccils, De imminenti... Op. l.^ page 512.

Page 1