‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 57 sur 386 · A. Friedl.ender, Op. L, t. IV, page · texte numérisé non relu

A. Friedl.ender, Op. L, t. IV, page

10. Pline, ///.-^ /ja/wre//e,XXXVll,7 : - tanquam Alexandn magni corpus.»

ALEXANDRE ET LES ROMAINS

Dès le dernier siècle de la république, les idées, les goûts personnels, les manies des grands personnages faisaient loi; sous l'empire, le caprice de l'empereur réglait tout :

Régis ad exemplum

Componitur orbis

Et cet asservissement à un homme n'était pas le triste privilège des courtisans ; nul n'y échappait. Pline le Jeune l'avoue ingénument. « Sujets dociles, dit-il, nous sommes dirigés par notre « prince dans le sens qui lui plaît, et nous le suivons en tout, « car notre ambition la plus haute est de gagner son amour et « son approbation, ce qu'espéreraient en vain ceux qui ne lui « ressemblent pas. C'est par cette docilité continuelle que nous « sommes arrivés à ce résultat remarquable que presque le « monde entier conforme sa manière de voir à celle d'un seul « homme. La vie de l'empereur est comme une censure viagère. « C'est sur lui que nous nous réglons, c'est sur ses traces que « nous marchons, sans avoir besoin qu'il nous l'ordonne, son « exemple nous suffit ^ » Et, afin que l'on ne s'y trompe pas, il dit ailleurs : « Il est évident que la discipline à laquelle les em- « pereurs nous soumettent entraîne aussi la multitude ^ »

Ce n'est pas là un développement de pure rhétorique ; les faits probants ne manqueraient pas si l'on voulait les réunir ^ et, de même que Plutarque disait que « les empereurs mélomanes font les musiciens », on peut affirmer que les empereurs (Di^^aXe^avôpoTaTOi, comme Dion les appelle, ont, dans une large mesure, fait la popularité d'Alexandre.

Dès la fin de la république, les hommes d'État, les généraux les plus distingués s'inspirent des actes d'Alexandre, s'efforcent de se hausser à sa taille. Son souvenir les hante continuellement ; le désir de l'imiter cause la mort de Crassus ^ tire des larmes de jalousie à César et fait naître ou, tout au moins, ravive en lui les plus ambitieuses pensées \ Dès sa jeunesse,

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