‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 63 sur 386 · Godinus, De Officiis, VI, D, page 55, B · texte numérisé non relu

Godinus, De Officiis, VI, D, page 55, B

4. Cette hypothèse est des plus vraisemblables. Milhridate se vantait de descendre d'Alexandre (Justin, XXXVIII, vn, 1), et, sous le règne de Philippe, un aventurier, nommé Jolapianus ou Tapianus, qui chercha à se tailler un royaume en Syrie, se vantait, lui aussi, d'être issu de la race d'Alexandre (Clarac, Op. L, t. VI, page 160, n« 3351).

ALEXANDRE ET LES ROMAINS

et à s'occuper d'Alexandre ', dont l'expédition se prétait bien au développement d'un récit pittoresque.

Ainsi donc, sous l'influence de la littérature, des expéditions en Orient, des beaux-arts, de l'introduction des Alexandrins en Italie, du goût des personnages politiques, un public se forma auquel le nom d'Alexandre était familier. Ce public se composait de lecteurs sachant le grec, et de lecteurs l'ignorant ou n'en ayant qu'une très légère notion. Les nombreuses monographies écrites en grec du vivant d'Alexandre et après sa mort pouvaient suffire à contenter les uns; pour satisfaire les autres, il fallait un ouvrage nouveau, écrit en latin. Cet ouvrage, Quinte Curce, après d'autres peut-être, l'écrivit. Les lecteurs ne devaient pas lui manquer.

11 est possible d'ailleurs que, indépendamment de ces causes générales, des causes particulières aient déterminé Quinte Curce à prendre pour sujet de son étude l'histoire d'un conquérant étranger. Peut-être ne se sentait-il pas assez de courage pour raconter fidèlement l'histoire de sa patrie; peut-être voulait-il, en publiant cette biographie, faire un acte d'opposition politique \ ou au contraire flatter délicatement le prince 3; peut-être enfin'a-t-il simplement voulu développer * le chapitre dans lequel Tite-Live parle d'Alexandre? Nous n'en déciderons pas; pour admettre ces hypothèses ou pour les repousser, il nous faudrait mieux connaître la vie et le caractère de notre historien.

1. Gf. Dion Gassius, LIV, 9, parle d'une ambassade venue de l'Inde. - Favorinus avait un Hindou pour parasite. Gf. A. Fhiedl.ender, Op. .t. I, nace 32. - Pline, Histoire naturelle, VI, 88. - Strabon, II, page 118. - Horace Ep 1 i 45. — Et, en général, A. Friedl.ender, Op. L, t. Il, page 310, t. ill,page 7 du supplément, t. IV, appendice, page 53. - Reinaud, Sur les relations politiques et commerciales de l empire romain avec l Asie orientale pendant les cinq premiers siècles de 1ère chrétienne, 1863.

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