Par Grote, Droysen
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LES SOURCES DE QUINTE CURCE 103
d'accord; ils ne l'ont pas trouvée davantage à notre époque, à ce qu'il semble.
Angelo Decembrio *, le premier qui ait émis une opinion à ce sujet, paraît considérer Arrien comme une des sources principales de Quinte Curce.
Cette opinion — fort hasardée ~ fit bientôt place à une autre beaucoup plus en harmonie avec la date probable de la publication de l'histoire latine d'Alexandre. Erycius Puteanus ^ au xvi<^ siècle, La Mothe Le Vayer » et Freinsheim * au xviiS s'accordèrent, à quelques divergences près, pour reconnaître Callisthène, Aristobule, Ptolémée, Onésicrite et Diodore comme les sources de Quinte Curce.
Ils ne parvinrent cependant pas à faire prévaloir leur manière de voir. Au xvii^ siècle, des savants, contre lesquels s'emporta vivement Freinsheim % reprirent une ancienne opinion professée par Pierre Daniel « et prétendirent que Quinte Curce avait choisi Clitarque pour son guide. Depuis cette époque, l'œuvre de Clitarque a été pendant très longtemps considérée comme la seule source où Quinte Curce ait puisé. C'est ce qu'ont essayé de démontrer ou du moins ce qu'ont affirmé Sainte-Croix ', Le-
1. Ano. Decembrius, de Politia UUeraria, Op. /.. page 36 : .... graecorum et Arriani constat historia ex quorum fontibus hic scriptor opus suurn
excudit.
2. E. PuTEANUs, éd. de Quinte Cnrce,, préface : « Quidquid narrât, quia « post alios, stabilivit, ut ceteris crederelur, Callistheni, Aristobulo, Ptole- « mœo un us fecit. »
3. I>A MoTUR Le Vayer, Des anciens et jirincipaiix historiens grecs et latins, Paris, 1646, p. 262 : « ... qu'elle passe dans mon esprit pour une u copie prise sur le véritable original de Ptolémée, d'Aristobule, de Cal- « listhène, d'Onésicrite. »
4. Freinsueimius, Suppl. in Cwtium, I, i : »< uterque autem (Ptolémée et Aristobule)... ceteris antehabuimus... », et en marge, à propos de Diodore : « Quem maxime sequi videtur Curtius. »
5. J. Freinsheimu Commentarii in libros superstiies Q. Curtii Rufi. Argentorati, apud heredes L. Tozneri, 1639. Prolégomènes, iv, au mot Cli- TARcnus : « Hujus historiam interprelatus est Gurlius, ut quidam putant, eo arguiuento quod Curtius oum laudet IX, v, 21. Sed ipse ille locus eos diversum docere debuit; nec enim Clitarchum ibi solum, sed et Timagenero citai, quos tantum abest ut sequatur, ut polius securitatis et credulitatis
eos arguât. »
6. En tête du manuscrit de Berne, n° 451. Cf. de Sinner, Latalogus codicum manuscriptorum bihliothec.r Bernemis, t. III, pages 490, 491, et appendice, page 318. — P. Daniel regarde même Quinte Curce comme un simple traducteur.