I. C. MuLi.ER, Script. Rer. Alex., préf., ni, et page
's. J. G. Droysen, Op. L, append. I, page 749. Uroysen ne croit pas toutefois que Quinte Curce ait directement utilisé l'œuvre de Clitarque.
9. A. ScHONF, Analecta Philoloqica llistorica. — De rerum Ale.randri magni scriptorum... fontibus. Leipzig, 1870. Il n'est pas très affirmatif. Cf. page 51. u Aliter de Curtio judieandum qui Timagenis libro videtur usus esse, « quique haud scio an ex solo Timagene Clitarchuui noverit. •
10. G. Bernhardy, Grundriss der Romischen Literalur, Op. /., page 729.
II. C. Raun, de Clitarcho, Diodori, Curtii, Justini auctore. Bonn, 1868.
12. Raven and Heitland, A portion of the history of Q. Curtius. Cambridge, 1879. Introduction, pages 10, 11.
13. A. ScH^EFEB, Arbriss der Quellenkunde der Griechischen und Rômischen Geschichte, 3« édition, I" partie, page 73. C'est encore l'opinion d'Unger {PkHologus, t. XXXVII, page 11). de Duncker {Geschichte der Alterthums, 1878, t. H, page 15). Grote [Histoire de la Grèce, trad. Sadous, Paris, 1866) ne se prononce pas; cf. t. XVIll, pages 144, 246.
14. A. MnxER [Die Alexander geschichte iiach Strabo, I" partie, Wurzbourg, 1882, page 23, note) admet que Clitarque a surtout fourni à Quinte Curce des données géographiques.
15. Fr. Schmieder, éd. de Quinte Curce, Gôtlingue, 1803, page 11 :u Ex tur- • bidis plerumque fontibus haMsis?e merito arguitur. Namqu.e plures eum . auctores habuisse, Clitarclium, Timagenem et Ptolemaeum ipse testatur. .
LES SOURCES DE QUINTE CURCE
exprimée ne mérite guère l'attention, — PéteràdorfT soutient que Quinte Curce, tout en se servant des données de Clitarque, en a corrigé les erreurs, surtout d'après Ptolémée et Callisthène * ; le même critique, dans une brochure toute récente, s'efforce de démontrer que Trogue Pompée a en outre été utilisé par Quinte Curce \ Karst % comme Pétersdorff, admet que l'ouvrage de Clitarque est la base du récit de Quinte Curce, mais il croit pouvoir affirmer que l'historien latin s'est en outre servi des travaux de Timagene et d'Artémidore, et enfm d'un recueil de documents ' publié probablement par Strabon. Eussner et Laudien s'écartent davantage de l'opinion traditionnelle. Quinte Curce, suivant le premier % n'a connu directement ni Clitarque, ni Aristobule, ni Ptolémée; il a, suivant le second «, fait usage de Callisthène, d'Onésicrite et d'Aristobule, et les ressemblances évidentes que présente son récit avec celui de Clitarque viennent de ce qu'il a imité l'ouvrage d'Onésicrite, ouvrage dont Clitarque s'est lui-même servi. Laudien, on le voit, reprend presque complètement l'opinion de Puteanus et de Freinsheim; Kôhler ' s'en éloigne absolument. Il s'efforce d'étabhr un compromis entre les deux systèmes le plus généralement adoptés, et prétend que l'ouvrage de Quinte Curce est fait d'après une histoire d'Alexandre écrite au temps d'Auguste sur les données fournies par Clitarque «. Brôcker, dont
1 R PKTERSD4RFF, Diodorii^, Curtius, Arrianus quibus ex fontibus expeditiones nb Alexandro in Asia usque ad Darei mortem factas hauserint/ Danzig 1870, et I Aufgabe der Quelle nforschung fur die Geschichte Alexanders und ihre bishcrigcn Resultatc. Program. Flensburg, 1872.
2. R. Petersdouff, Eine neuc Hauptquelle der Q. Curtius Rufus. Han-
"Tj. k!erst, Beitràgc zur Quellenkritik des Q. Curtius Rufus. Gotha,
4. Th. Vogel (éd. de Quinte Curce, Leipzig, 187o, t. 1, introd., page 6) admet aussi l'existence d'un recueil de ce genre.
5. A. Ev^syEl^, Literari^he Centralblatt, 1871, page 1034. Philologus, XXXII,
^^e^^C. F.' Laudien, Ueber die Quellen zur Geschichte Alexanders des Grossen in Diodor, Curtius und Plutarch. Kônigsberg, 1874.
7. R. KôiiLER. Eine Quellenkritik zur Geschichte Alexanders des Grossen in Diodor, Curtius und Justinus. Leipzig, 1879.
8 C'est seulement pendant l'impression de notre thèse que nous avons eu connaissance du dernier travail de Pétersdorff et de celui de Frankel ; nouV n'avons donc pu utiliser, autant que nous Tannons désire, ces deux fntlressanles publications; nous n'aurions eu d'ailleurs a modifier ni notre méthode, ni notre opinion. Signalons encore une dissertation de H. Kal-
la critique est plus négative qu'affirmative, semble vouloir réagir contre l'opinion des écrivains qui considèrent Glitarque comme la source principale de Quinte Curce; il croit que l'auteur latin a souvent mis à contribution Aristobule et Ptolémée *. H. Crohn prétend que Quinte Curce a utilisé l'ouvrage de Glitarque et celui de ïrogue Pompée ^.
Enfin, A. Frllnkel, dans un volumineux et savant travail, s'est efforcé de démontrer que l'histoire de Quinte Curce, sauf quelques rares passages empruntés à Timagène, est écrite en entier d'après l'ouvrage plusieurs fois remanié de Clitanjue '.
Des divergences aussi prononcées , des efforts si souvent répétés et si infructueux sont bien faits pour causer un profond étonnement. Cet étonnement, loin de diminuer, augmente quand on examine les choses de près. Parmi les critiques que nous avons nommes, les uns — et c'est le plus grand nombre — n'apportent aucune preuve à l'appui de leur assertion; les autres paraissent raisonner d'après une idée préconçue. Il y aurait évidemment injustice à accuser de légèreté les premiers de ces critiques; des hommes comme Droysen ou Mommsen ne peuvent en être soupçonnés; on ne peut cependant se défendre de leur reprocher de ne nous avoir pas fait connaître les arguments sur lesquels ils appuyaient leurs affirmations. On n'ose pas davantage dire des seconds ce que Fréret disait de cer-
LENBEHG {P/iHologus, t. XXXVI, papfc 488); il y démontre que Quinte Curce a suivi un autre auteur que Diodore et Justin. — Maxim. Pos.nkh {Qitibus auct... iisus sit Dio Cassius^ Bonn, 1874) prouve que Quinte Curce s'est servi iVun ouvrage écrit en latin. Cf. quehjues autres indications bibliograplii<iues dans le t. III de la traduction française de Droysen, op. L, pages 775, 776.
1. L. 0. Broeckeh, Moderne Quellenforscher tind antike Geschichtschreiôer, Innsbriick, 1882, page 4, sqq.
2. II. Croiin, De Tro(ji Poinpei apiid antiqnos auctoritate, Strasbourg, 1882, page 23, sqq. Petersdokfk (cf. .supra, page 105, note 2), qui a récemment professé la même opinion, ne parait pas connaître l'opuscule de Crohu, du moins il ne le cite pas.
3. A. Fa.t.NKEL, Die Qudlen der Alexanderhistoriker. Brcsiau, 1SS3. Il ditr pages 460, 461 : « Die Quelle Diodors war eine nur wenig durch Zusiitze oder Missverstaudnisse venindertc Bearbcilung des Klitarch. Dièse Bearbeitung wurde dann von einem anderen Autor eincr weiteren Modification untersvorfen, und dièse so modificirte Klilarchbearbeitung wurde dann sowohl von dem Verfasser der Quelle des Curlius, wie von dem Verfasser der Quelle des Trogus als (Jruadlage benutzt , auf der jeder
seine Compilation aufbaute Curtius hat neben dieser Compilation nocli
den Timagenes, aber auscheinend sehr sparlicli benutzt. »
LES SOURCES DE QUINTE CURCE
tains historiens de son temps ' : « Ils ont commencé par prendre « leur parti... sur une légère et superficielle inspection... et, u après cela, ils semblent avoir étudié non pour parvenir à la (( connaissance de ce qui est, mais pour trouver des preuves de « ce qu'ils ont imaginé devoir être. » On n'ose pas, et l'on a sans doute raison; on est en revanche parfaitement en droit de leur reprocher de n^avoir pas adopté une méthode rigoureuse et de s'être ainsi volontairement mis dans l'impossibilité d'arriver à une solution définitive. En elTet, aucun de ceux qui se sont occupés du problème dont nous parlons ne semble s'être fait une idée bien nette de la marche qu'il y avait à suivre pour
le résoudre.
Sainte-Croix se contente le plus souvent de prendre un passage attribué à Glitarque, de le rapprocher d'un passage correspondant de Quinte Curce et d'en conclure que l'historien grec est la source de l'historien latin. Raun fait de même en général, quoique avec plus de détail. Ce simple rapprochement de passages pris au hasard est évidemment insuffisant : deux historiens racontant les mêmes événements, parlant des mêmes personnages, ont dû forcément se rencontrer en bien des points, sans qu'il soit permis de tirer de ces coïncidences, peut-être fortuites, un argument décisif. Les écrivains postérieurs à Raun n'ont pas usé de procédés sensiblement dilîérents; tout au plus ont-ils ajouté à ces rapprochements la critique des solutions proposées avant eux. Dans ces conditions, la question des sources de Quinte Curce ne pouvait guère être résolue d'une manière définitive; aussi ne l'a-t-elle pas été. Et, de fait, cette question des sources, toujours fort difficile è résoudre, l'est encore beaucoup plus quand on l'étudié dans les historiens d'Alexandre et en particulier dans Quinte Curce.
Là, en effet, tout point d'appui fait défaut ; les récits des contemporains d'Alexandre ont disparu presque complètement ; à peine les connaissons-nous par les rares citations, citations peu littérales d'ailleurs, qui en ont été faites par les écrivains grecs ou latins; le critique moderne se trouve ainsi dans l'impossibilité absolue de remonter à la source primitive au moyen d'une
1. Mémoires de littérature tirés des registres de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, 1729, t. VI, page 148.
108 QUINTE CURCE UISTORIEN
comparaison des formes du langage , du tour donné aux idées et à l'expression des faits, de l'esprit général de l'ouvrage.
Pour Quinte Curce, la difficulté s'accroît encore. Les deux premiers livres de son histoire sont perdus, et leur perte nous prive probablement d'un point de départ fort utile. On peut, en eflel, supposer avec beaucoup de vraisemblance qu'il avait, en commençant, donné, comme Arrien ^ et Denys d'Halicarnasse % la liste des auteurs sur lesquels il s'appuyait, ou tout au moins qu'il avait indiqué à grands traits sa manière d'envisager l'histoire et la façon dont il avait réuni les matériaux de son ouvrage ^ ; Diodore * l'avait fait au début de son quatrième livre, et Plutanjue ^ dans la préface de sa biographie d'Alexandre.
Nous n'avons pas même la ressource de feuilleter les livres qui nous restent de VHisloire d'Alexandre et d*y recueillir les noms des historiens que Quinte Curce cite à l'appui d'un fait particulier. Si, en effet, Arrien, après nous avoir déclaré dans sa préface qu'il a surtout pris pour guides Ptolémée et Aristobule, se réfère encore à l'autorité d'Aristus ^, d'Asclépiade ^ de Néarque % de Mégasthène ^ d'Ératosthène *% d'Onésicrite ^\ des ^aTO.sio', scpr.jjLîolSs; ^^ et même des lettres d'Alexandre *^; si Plutarque nomme à son tour Aristobule **, Ératosthène ^% Oné-